Ryuha Ikebana
« Tous les arts traditionnels japonais mettent en évidence une notion fondamentale, celle du « vide » : ne pas remplir totalement un espace, dire ou faire l'essentiel avec un minimum de moyens afin de laisser la part au rêve, à l'imagination. »
Ryuha veut dire école, et il y a peut-être 2 000 écoles de cet art floral au Japon, et plus d'un millier enregistrées auprès du Ministère Japonais de l'Éducation. Voici un aperçu des plus connues.
Dans l'école Ikenobo, il y a des styles adaptables aux fleurs de tous pays, permettant l'utilisation d'une large variété de fleurs et de branches. Quand l'école Sogetsu est fondée en 1927, l'école avait pour objectif de faire sortir l'ikebana du Tokonoma (alcôve). « Les plantes sont belles telles qu'elles sont », la main humaine ne sert qu'à mieux les apprécier. De même que les gens sont différents, l'école encourage ses élèves à être individuels et imaginatifs.
Le nom Ohara signifie « petite lande ». Les qualités saisonnières, le processus naturel de croissance et la beauté des environnements naturels sont respectés. La Campanule de Chine ou « petite fleur de la lande » est l'emblème de l'école.
Dans l'école Chiko, des accessoires, fruits, légumes de saison, poupées et objets artistiques sont associés aux fleurs. La devise de l'école Kozan, « Arrange les pruniers comme des pruniers, et les branches de pêchers comme des pêchers », souligne l'importance de la coupe naturelle de la branche. L'école Saga Goryu désire « Unir les fleurs et la religion » en rendant hommage à Bouddha par une cérémonie florale.
Une journée à l'école Ohara. L'ikebana Ohara a pris naissance vers le milieu de l'ère MEIJI (1868-1912), alors que le Japon s'ouvrait sur la civilisation occidentale tout en maintenant ses valeurs traditionnelles. Les écoles se diversifient et l'ikebana se diffuse dans l'ensemble de la société. À cette époque, de nombreuses variétés de fleurs étaient importées au Japon, mais personne ne savait encore les arranger. En 1895, Unshin Ohara, sculpteur, en disposa dans une coupe qu'il avait modelé lui-même. Le Moribana, un nouveau style, apparaît, utilisant des coupes basses et peu profondes et un pique-fleurs, révolution dans la technique du montage. L'école Ohara est née, école qui appliquera aux styles modernes la même théorie fondamentale qu'aux styles traditionnels.
En France, l'école la plus développée est l'école Ohara, avec une vingtaine d'adresses. L'école Sogetsu et l'école Ikebono ont plusieurs centres, pour la plupart en région parisienne. En 1963, Marcel Vrignaud, vice Grand Maître fonde l'école Ohara en France. En juin dernier, j'ai eu l'occasion d'assister à un stage à Lille dans l'école Ohara de Mark Kapella, maître ikebana 2ème degré. Nous avons travaillé avec une grande variété de fleurs, tropicales et champêtres, et le dernier cours était consacré à la pivoine, fleur qui symbolise le mois de juin. La journée était riche et instructive. J'ai été impressionnée par le respect de la nature dans cet art, et étonnée de voir la liberté d'expression possible, une fois les formes de base maîtrisées.
En 2001, Ikebana-Nord fêtera ses 20 ans d'existence. Marc Kapella a commencé à donner des cours à Lille en 1968. Nous avons parlé de la possibilité de mettre en place des cours d'ikebana à l'occasion des déplacements des aïkidokas sur Lille pour assister aux cours d'Aïkido de Bertin Senseï. Je vous rappelle que cinq d'entre nous sont allés passer une journée à Lille où nous étions très bien accueillis, et un Lillois s'est joint à nous la semaine suivante pour le stage régional. Il serait possible d'organiser une démonstration d'ikebana à Rouen, une soirée, ou un samedi après-midi, si nous sommes suffisamment nombreux.
En partant du stage, l'enseignant m'a remis un fascicule sur l'ikebana de l'école Ohara, et je souhaiterais en citer l'introduction : « Les Samouraïs pratiquaient l'Art des fleurs, « recherche de calme et de sérénité, moment de méditation purifiant l'âme ». Tous les arts traditionnels Japonais mettent en évidence une notion fondamentale, celle du « vide » : ne pas remplir totalement un espace, dire ou faire l'essentiel avec un minimum de moyens afin de laisser la part au rêve, à l'imagination. »

Ryuha veut dire école, et il y a peut-être 2 000 écoles de cet art floral au Japon, et plus d'un millier enregistrées auprès du Ministère Japonais de l'Éducation. Voici un aperçu des plus connues.
Dans l'école Ikenobo, il y a des styles adaptables aux fleurs de tous pays, permettant l'utilisation d'une large variété de fleurs et de branches. Quand l'école Sogetsu est fondée en 1927, l'école avait pour objectif de faire sortir l'ikebana du Tokonoma (alcôve). « Les plantes sont belles telles qu'elles sont », la main humaine ne sert qu'à mieux les apprécier. De même que les gens sont différents, l'école encourage ses élèves à être individuels et imaginatifs.
Le nom Ohara signifie « petite lande ». Les qualités saisonnières, le processus naturel de croissance et la beauté des environnements naturels sont respectés. La Campanule de Chine ou « petite fleur de la lande » est l'emblème de l'école.
Dans l'école Chiko, des accessoires, fruits, légumes de saison, poupées et objets artistiques sont associés aux fleurs. La devise de l'école Kozan, « Arrange les pruniers comme des pruniers, et les branches de pêchers comme des pêchers », souligne l'importance de la coupe naturelle de la branche. L'école Saga Goryu désire « Unir les fleurs et la religion » en rendant hommage à Bouddha par une cérémonie florale.
Une journée à l'école Ohara. L'ikebana Ohara a pris naissance vers le milieu de l'ère MEIJI (1868-1912), alors que le Japon s'ouvrait sur la civilisation occidentale tout en maintenant ses valeurs traditionnelles. Les écoles se diversifient et l'ikebana se diffuse dans l'ensemble de la société. À cette époque, de nombreuses variétés de fleurs étaient importées au Japon, mais personne ne savait encore les arranger. En 1895, Unshin Ohara, sculpteur, en disposa dans une coupe qu'il avait modelé lui-même. Le Moribana, un nouveau style, apparaît, utilisant des coupes basses et peu profondes et un pique-fleurs, révolution dans la technique du montage. L'école Ohara est née, école qui appliquera aux styles modernes la même théorie fondamentale qu'aux styles traditionnels.
En France, l'école la plus développée est l'école Ohara, avec une vingtaine d'adresses. L'école Sogetsu et l'école Ikebono ont plusieurs centres, pour la plupart en région parisienne. En 1963, Marcel Vrignaud, vice Grand Maître fonde l'école Ohara en France. En juin dernier, j'ai eu l'occasion d'assister à un stage à Lille dans l'école Ohara de Mark Kapella, maître ikebana 2ème degré. Nous avons travaillé avec une grande variété de fleurs, tropicales et champêtres, et le dernier cours était consacré à la pivoine, fleur qui symbolise le mois de juin. La journée était riche et instructive. J'ai été impressionnée par le respect de la nature dans cet art, et étonnée de voir la liberté d'expression possible, une fois les formes de base maîtrisées.
En 2001, Ikebana-Nord fêtera ses 20 ans d'existence. Marc Kapella a commencé à donner des cours à Lille en 1968. Nous avons parlé de la possibilité de mettre en place des cours d'ikebana à l'occasion des déplacements des aïkidokas sur Lille pour assister aux cours d'Aïkido de Bertin Senseï. Je vous rappelle que cinq d'entre nous sont allés passer une journée à Lille où nous étions très bien accueillis, et un Lillois s'est joint à nous la semaine suivante pour le stage régional. Il serait possible d'organiser une démonstration d'ikebana à Rouen, une soirée, ou un samedi après-midi, si nous sommes suffisamment nombreux.
En partant du stage, l'enseignant m'a remis un fascicule sur l'ikebana de l'école Ohara, et je souhaiterais en citer l'introduction : « Les Samouraïs pratiquaient l'Art des fleurs, « recherche de calme et de sérénité, moment de méditation purifiant l'âme ». Tous les arts traditionnels Japonais mettent en évidence une notion fondamentale, celle du « vide » : ne pas remplir totalement un espace, dire ou faire l'essentiel avec un minimum de moyens afin de laisser la part au rêve, à l'imagination. »



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