Soirées Portes Ouvertes Saison 2008/2009 organisées par l'Arat
L'Arat organise trois soirées Portes Ouvertes en septembre 2008.
L'Académie d'Aïki-Taïso de Rouen organise trois soirées Portes Ouvertes en septembre 2008 aux dates suivantes :
les jeudis 11, 18 et 25 septembre 2008.
Lieu : Gymnase du lycée La Providence, à côté du n°4 place de la Madeleine, à Rouen (en face de la préfecture ; parking à proximité).
Horaire : de 20h00 à 21h30.
Cours hebdomadaire : le jeudi de 20h00 à 21h30 (même adresse)
Infos : 0232084392 ou arat@aikido-normandie.org
Nb : Le club poursuivra cette saison l'organisation de soirées exceptionnelles Aïki-Taïso/Shiatsu (avec. L.Jablonski, praticien de shiatsu))
les jeudis 11, 18 et 25 septembre 2008.
Lieu : Gymnase du lycée La Providence, à côté du n°4 place de la Madeleine, à Rouen (en face de la préfecture ; parking à proximité).
Horaire : de 20h00 à 21h30.
Cours hebdomadaire : le jeudi de 20h00 à 21h30 (même adresse)
Infos : 0232084392 ou arat@aikido-normandie.org
Nb : Le club poursuivra cette saison l'organisation de soirées exceptionnelles Aïki-Taïso/Shiatsu (avec. L.Jablonski, praticien de shiatsu))
Cycle de prépa EFE 2008 - 2009
Ce cycle concerne les élèves de grade mokyu à sankyu.
Le cycle sera dirigé par Arnaud Dupuis et Eduardo Da Silva aux dates suivantes à Bourges, à Rouen et à Bourg Argental.
01/02 Novembre 2008 à Bourges
13/14 Décembre 2008 à Rouen
17/18 Janvier 2009 à Bourges
28 Février & 01 Mars 2009 - Prépa Commune à
Bourg Argental
04/05 Avril 2009 à Rouen
08/09/10 Mai EFE Commune à Bourg Argental
Le cycle sera dirigé par Arnaud Dupuis et Eduardo Da Silva aux dates suivantes à Bourges, à Rouen et à Bourg Argental.
01/02 Novembre 2008 à Bourges
13/14 Décembre 2008 à Rouen
17/18 Janvier 2009 à Bourges
28 Février & 01 Mars 2009 - Prépa Commune à
Bourg Argental
04/05 Avril 2009 à Rouen
08/09/10 Mai EFE Commune à Bourg Argental
Soirée Portes Ouvertes d'Aïki-Taïso
L'Académie d'Aïki-Taïso de Rouen propose une soirée Portes Ouvertes d'Aïki-Taïso le jeudi 19 juin 2008.
Lieu : gymnase du lycée La providence à Rouen, à côté du n°4 place de la Madeleine à Rouen.
Horaire : 20h00 - 21h30
Date : 19 juin 2008
Informations : 0232084392 ou arat@aikido-normandie.org
Lieu : gymnase du lycée La providence à Rouen, à côté du n°4 place de la Madeleine à Rouen.
Horaire : 20h00 - 21h30
Date : 19 juin 2008
Informations : 0232084392 ou arat@aikido-normandie.org
Soirée Aïki-Taïso/Méridiens
L'Académie d'Aïki-Taïso de Rouen propose le jeudi 26 juin 2008 une soirée thématique Aïki-Taïso/méridiens animée par Morvan senseï (taïso) et L.Jablonski (méridiens).
Lieu : gymnase du lycée la Providence-Miséricorde à côté du n°4 place de la Madeleine à Rouen (en face de la préfecture).
Horaire : 20h00 - 22h00.
Tarifs : 10 euros (3A, cycle shiatsu, étudiants, rmi, etc.), 15 euros (autres).
Informations : taïso (M.Morvan) : 0232084392 ou arat@aikido-normandie.org, méridiens (L.Jablonski, praticien de shiatsu) : 0625171042.
Lieu : gymnase du lycée la Providence-Miséricorde à côté du n°4 place de la Madeleine à Rouen (en face de la préfecture).
Horaire : 20h00 - 22h00.
Tarifs : 10 euros (3A, cycle shiatsu, étudiants, rmi, etc.), 15 euros (autres).
Informations : taïso (M.Morvan) : 0232084392 ou arat@aikido-normandie.org, méridiens (L.Jablonski, praticien de shiatsu) : 0625171042.
Stage régional d'Aikido
Stage de Matoian Shihan
Stages de Cognard Shihan
Stages Aikido & Aikitaiso
Stage Cognard Shihan
La région Bretagne Océane Académie Régionale d'Aïkido organise un stage dirigé par Cognard Shihan dès la rentrée.
Il aura lieu à Sainte Pazanne (entre Nantes et Pornic) les 29 et 30 septembre 2007.
Pour plus de renseignements 06 07 54 53 71 ou par email
Il aura lieu à Sainte Pazanne (entre Nantes et Pornic) les 29 et 30 septembre 2007.
Pour plus de renseignements 06 07 54 53 71 ou par email
Stage Aikido AikiTaiso
L'ARA et l'ASA organisent un stage d'Aikido, Aikitaiso et Armes les 9 et 10 juin 2007. Ce stage est ouvert aux personnes ne pratiquant pas encore l'Aikido et/ou l'aikitaiso, mais qui veulent découvrir ces pratiques.
Cours d'Aikido
L'Académie d'Aikido du Plateau Est propose un cours d'Aikido dirigé par Bertin Shihan le mercredi 27 mars 2007 de 20h15 à 21h45.
Cours d'Aikido
L'Académie d'Aikido du Plateau Est propose un cours d'Aikido dirigé par Matoïan Shihan le mercredi 14 février 2007 de 20h15 à 21h45 à Mesnil Esnard.
Stage d'Aikitaiso ouvert à tous
Un stage d’Aikitaiso aura lieu les 17 et 18 mars 2007 au Kobayashi Hirokazu kinen Aikidojo à Bourg Argental.
Ce stage s’adresse à tous, pratiquants débutants néophytes et très avancés. Il porte sur un sujet qui peut intéresser l’expert comme le tout nouveau, le superviseur de niveau 5 et tout particulièrement le chargé de cours hebdomadaires n’étant pas inscrit en cours d’Iat : la définition du cadre postural.
Ce stage s’adresse à tous, pratiquants débutants néophytes et très avancés. Il porte sur un sujet qui peut intéresser l’expert comme le tout nouveau, le superviseur de niveau 5 et tout particulièrement le chargé de cours hebdomadaires n’étant pas inscrit en cours d’Iat : la définition du cadre postural.
Cours d'Aikitaiso
L'Académie d'Aikido du Plateau Est propose un cours d'Aikitaiso dirigé par Bertin Shihan le lundi 11 décembre 2006 à Rouen.
Cours Aikido-Aikitaiso
L'Académie d'Aikido du Plateau Est propose un cours d'Aikido et d'Aikitaiso dirigé par Pleney Senseï le samedi 9 décembre 2006 à Franqueville Saint Pierre.
Stage d'Aikido
L'Académie d'Aikido de la Région Lilloise organise un stage à Roncq dirigé par Bertin Shihan les 25 et 26 novembre 2006.
Stage d'Aikitaiso
L'Académie d'Aikido de Normandie organise un week end d'aikitaiso, les 18 et 19 novembre 2006, à Rouen.
Le stage sera orienté autour des ateliers personnalisés.
Le stage sera orienté autour des ateliers personnalisés.
Stage d'armes
Stage d'Aikido
Stage d'Aikido
Stage d'Aikido
Stage d'Aïkido
Un stage d'Aïkido dirigé par Cognard Shihan aura lieu à Rouen les 29 et 30 avril 2006.
Itinéraire piéton
Itinéraire voiture
Plan d'accès
Itinéraire piéton
Itinéraire voiture
Plan d'accès
Stage d'Aikido
Stage Aikitaiso - Musique
Stage d'Aikido
Stage d'Aïkido
Dupuis Senseï dirigera un stage d'Aïkido au dojo de La Saussaye le samedi 3 décembre 2005.
Stage d'Aïkido
Cognard Shihan dirigera un stage d'Aïkido les 10 et 11 décembre à Clichy.
Stage aikido
11 et 12 juin
Stage national Aikï-Taïso - Musique
Cours de Pleney Senseï
L’Académie d’Aikido du Plateau Est propose un cours d’Aïkido en forêt dirigé par Pleney Senseï le samedi 30 avril.
Cours de Amory Senseï
L’Académie d’Aikido du Plateau Est propose un cours d’Aïkido dirigé par Amory Senseï le mercredi 6 Avril de 20h15 à 21h45.
Stage de Bertin Shihan
L'Académie d'Aikido de Normandie propose un stage régional les 2 & 3 avril, dirigé par Bertin Shihan.
5 & 6 mars
Stage OARA
Cours de Matoïan Shihan
L’Académie d’Aikido du Plateau Est propose un cours d’Aïkido dirigé par Matoïan Shihan le Mercredi 9 Mars de 20h15 à 21h45.
Kan geiko
Atelier Personnalisé d'Aiki Taiso
"...Ces cours s’adressent à toute personne pouvant pratiquer de la gymnastique. Les techniques sont travaillées selon les cas en position debout, assise ou couchée ; elles respectent la physiologie du corps et les capacités de chaque personne..."
Cours de Bertin Senseï
Bertin Senseï dirigera un cours le mercredi 15 décembre à 20h15 organisé par l'Académie d'Aïkido du Plateau Est.
Soirée AAPE
20 & 21 novembre
30 & 31 octobre
6 et 7 novembre 2004
Stage à Paris
19 juin 2004
Les vibrations bébéfiques
"La pratique des techniques vibratoires dans l'Aikitaiso a pour objet de reformer des liens avec une structure identitaire profonde..." (15&16 mai)
Stage régional
Calligraphie
EFE commune mai 2005
9 photos
Bourg-Argental juillet 2003
3 photos
Désert en mars 2003
12 photos
Soirée taïso/shiatsu
L'ARAT organise une soirée taïso/shiatsu le mardi 26 juin 2007 de 20h00 à 21h30 au gymnase du lycée La Providence, place de la Madeleine, en face de la préfecture de Rouen. La soirée est ouverte aux non pratiquants 3A.
Tarifs : 5 euros pour les étudiants, 10 euros pour les membres 3A et 15 euros pour les non 3A.
Infos taïso : Myriam Morvan (tél.: 0232084392 / email: arat@aikido-normandie.org).
Infos shiatsu : Lukasz Jablonski (tél.: 0625171042).
Tarifs : 5 euros pour les étudiants, 10 euros pour les membres 3A et 15 euros pour les non 3A.
Infos taïso : Myriam Morvan (tél.: 0232084392 / email: arat@aikido-normandie.org).
Infos shiatsu : Lukasz Jablonski (tél.: 0625171042).
Soirée Portes Ouvertes Aiki-Taïso
L'ARAT propose une soirée "Portes Ouvertes" le mardi 19 juin 2007. Le cours d'Aiki-Taïso aura lieu de 20 heures à 21 heures 30.
Informations au 02 32 08 43 92 ou par email à arat@aikido-normandie.org
Informations au 02 32 08 43 92 ou par email à arat@aikido-normandie.org
Soirées Portes Ouvertes Aikitaiso
Les lundi 11 et 18 septembre 2006, l'AAPE propose des soirées "Portes Ouvertes" d'Aikitaiso.
L’aikitaïso est une gymnastique qui alterne postures, marches, mouvements, méditations, créant un langage structurel adapté à nos consciences tant mentales que corporelles : découverte du schéma corporel, exercices de concentration, exercices de recentrage, découverte des axes du corps, développement de l’énergie interne, recherche de l’unité « corps, mental ».
L’aikitaïso est une gymnastique qui alterne postures, marches, mouvements, méditations, créant un langage structurel adapté à nos consciences tant mentales que corporelles : découverte du schéma corporel, exercices de concentration, exercices de recentrage, découverte des axes du corps, développement de l’énergie interne, recherche de l’unité « corps, mental ».
Ateliers d'Aikitaiso
Les ateliers d'Aikitaiso proposent une pratique personnelle. Chacun est guidé dans un travail individuel, et reçoit après chaque relevé postural une série d'exercices qui lui correspond.
Cours d'Aikido
Bertin Shihan dirigera un cours d'Aïkido le mercredi 15 mars 2006 de 20h15 à 21h45 à Mesnil-Esnard.
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Reprise des cours AAPE
Les cours de l'AAPE reprendront le mercredi 7 septembre au Mesnil-Esnard à 20h15.
Reprise des cours ARA
Les cours d'Aikido à Rouen reprendront le jeudi 8 septembre à 20h, les cours d'armes le 29 septembre à 18h30 et les cours d'Aikitaiso le 26 septembre à 20h00.
Les cours d'aikido, à La Saussaye, reprendront le 12 septembre à 19h00.
Les cours d'aikido, à La Saussaye, reprendront le 12 septembre à 19h00.
Cours d'été
Durant le mois de Juillet, un cours est organisé tous les jeudi soirs (sauf le 14) de 20h15 à 21h45, salle Guy de Maupassant à La Neuville-Chant-d'Oisel.
Sites à visiter
Vous voulez visiter les sites d'autres clubs d'Aikido et d'Aikitaiso ? En suivant ce lien vous en découvrirez...
Liens...
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Stages d'été
Pour ceux que l'on arrête pas, il est possible de pratiquer durant l'été... >>
4 et 5 juin
Un stage dirigé par Bertin Shihan aura lieu à Roncq.
Soirées Aikitaiso
Les soirées dirigées par Cognard Shihan commencent bientôt. Vous voulez un travail personnalisé, renseignez-vous auprès de vos enseignants.
Prépa EFE
Pour participer à cette série de stages, veuillez prendre contact avec vos enseignants. Attention, les inscriptions doivent être prises avant le 31 octobre.
Cours d'Aïkido
Un cours d'Aïkido est organisé par l'AAPE pendant toutes les vacances d'été (Juillet et Août 2004) le jeudi soir de 20h30 à 22h00 à La Neuville-Chant-d'Oisel.
Petit Manuel d'Aikido
Le livre de Cognard Shihan vient de paraître. Au programme, "Le noeud de la ceinture", une édition revue et augmentée. Renseignez-vous auprès de vos enseignants.
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Le Maître
Le 27 mai, sortira le nouveau roman de Cognard Shihan... Un forum aura lieu à la Fnac de Saint Etienne.
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KAKKHH
Le corps philosophe
Découvrez la présentation du livre d'André Cognard dans le numéro hors série d'Ikebana et commandez dès maintenant votre exemplaire en ligne.
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Soirées Aikitaiso
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Kojiki
Introduction à la lecture du Kojiki
Etude d'après l'ouvrage de Masumi Shibata et Maryse Shibata, édité par Maisonneuve Et Larose, ISBN 2706812753
Introduction :
Le kojiki parut au Japon au VIII° siècle. Mais les récits et légendes qu'il regroupe remonteraient à la période allant du IV° au VI° siècle. Sa rédaction relèverait d'une initiative politique. Au VII° siècle, l'empereur Temmu (règne de 673-686) se serait ému des travestissements subis par les traditions et les généalogies. Pour y remédier, il aurait chargé un des ses subordonnés, Hieda-no-Are de faire le tri parmi celles-ci. Ce travail fut achevé, sous le règne de l'impératrice Gemmyô (règne de 662-722), par Hieda-no-Are. Et l'impératrice en eut connaissance le 28 janvier 712.
Ce recueil se compose de trois parties. La première se situerait à l'époque de la genèse et de la naissance des îles qui composent le Japon et de la descente sur la terre des divinités, qui sont considérées comme les ancêtres de la famille impériale. La deuxième commencerait au règne du premier empereur Jimmu et s'étendrait jusqu'à celui de l'empereur Ojin. La dernière partie s'achèverait à l'époque de son auteur.
C'est au shintoïsme que le kojiki serait apparenté. Il représente pour les spécialistes un outil de travail important pour connaître une culture étrangère à la spiritualité bouddhique. C'est à partir du 3ème siècle que les premiers germes de cette religion se seraient développés. Ils étaient associés à un rituel autour de la culture du riz. C'est donc d'éléments importants de la tradition japonaise que le kojiki instruirait. Mais cette interaction de l'homme et de la nature sur laquelle il fait fond révèle que les puissances de la nature comme l'eau, les volcans, les rochers, sont les vecteurs indissociables de l'énergie du monde et de la fragilité de toutes les formes soumises au temps. Aussi chaque élément de la nature, comme les plantes, les arbres, les animaux, ou les phénomènes naturels, peut-il être mis en rapport avec les kami qui sont des divinités bonnes ou mauvaises. Le panthéon shintô compterait 800 myriades de kami.
C'est donc à une vision complexe et diversifiée du Japon que le Kojiki initierait. Aussi est-ce pour son intérêt historique, religieux et mythologique qu'il a retenu l'attention de spécialistes. C'est à Urabe Kanefumi que l'on devrait le premier commentaire. Ce travail intitulé "Kojiki Uragaki" aurait été publié en 1273. Il aurait inauguré une tradition d'interprétation sur ce texte qui s'est poursuivie jusqu'à nous et qui a été marquée par des principes de lecture divergents. Ainsi pour Arai Hakuseki (mort en 1725), les récits qui le composent seraient véridiques. Cette thèse aurait été en partie contestée par Tsuda Sôkichi (1873-1962). Il put apporter la preuve que certaines légendes ne renverraient à aucun fait historique.
Mais ce qui retient particulièrement l'attention est le traitement du nom, voire des noms dans ces récits. C'est là sans doute une des originalités de ce recueil. Il ne s'agit pas pour nous de prétendre que le kojiki serait la seule cosmogonie à donner place au nom. Il s'agit plutôt de montrer que le nom en est un des supports les plus remarquables car, à partir de lui, bien des axes importants du recueil se dessineraient.
1) Généalogie et nom
Le kojiki est un recueil de récits qui s'inscrit, tout à la fois, dans la tradition des cosmogonies et des théogonies. Comme dans la théogonie d'Hésiode, on assiste à la naissance des dieux et leur généalogie fait l'objet d'une exposition qui suit l'ordre des naissances. Comme dans les cosmogonies, on y traite narrativement de la naissance du monde. Mais dans le kojiki, l'accent est avant tout mis sur la formation de l'archipel japonais. Cette particularité n'affecte en rien ce qui l'affilie à ces deux genres littéraires. C'est, également, à la question du commencement qu'il répond. Comment le monde est-il apparu ? A quels phénomènes attribuer la naissance du Japon ? A quelles puissances la doit-on ? Quels liens existent-ils entre les puissances de la nature, les Dieux et les hommes ?
Les premiers récits sont importants car ils en scellent le socle et lui donne une origine qui est aussi celle du monde. Ils donnent les bases de cette tradition qu'ils véhiculent et qu'ils relient au geste divin qui a préludé au commencement de toutes choses. Commencement qui est la conjonction des puissances divines et des puissances naturelles. Les premières naissances de Dieux sont liées au commencement du ciel et de la terre. Mais ces deux parties du monde restèrent, dans un premier temps, sans rapport l'une avec l'autre. Les divinités qui naquirent d'abord étaient en rapport avec le ciel. Il eut d'abord dans la Haute Plaine du Ciel, Kami-Maître-du-Centre-Auguste-du-ciel, puis Kami-de-la-Haute-Production-Auguste et Kami-des-Naissances-Divines. Elles se "se manifestèrent en divinités célibataires et dérobèrent leur corps aux regards".
Et d'autres dieux suivirent alors que la terre récemment apparue était comme une "tâche d'huile flottante". Ces dieux sont Kami-Prince-Plaisant-Pousse-de-Roseau et Kami-Résidant-Eternellement-dans-le-Ciel. Et il en fut ainsi jusqu'au couple Izanaki-no-Kami et son épouse Izanami-non-Kami. Ce couple boucle ce que l'on appelle "les sept générations mythiques" formées de cinq couples divins et de deux divinités célibataires, Kami-Résidant-Eternellement-sur-la-Terre puis Kami-Champ-de-Nuages-Luxuriant. Les dieux célibataires sont considérés comme formant chacun une génération. Et ce récit se poursuit en relatant comment les divinités Izanaki-no-Mikoto et Izanami-no-Mikoto furent envoyées vers « la terre voguante » pour la réparer et la consolider, ce qu'ils firent en donnant naissance à des enfants, des îles, des provinces et des kami.
Et tout au long de ce récit qui se poursuit jusqu'au règne de l'impératrice Suiko (mourut le 15 mars 1628), des noms jalonnent cette succession ordonnée de naissances ou de formations. Et c'est même à une myriade de noms que le lecteur est confronté, et d'une manière qui n'a pas d'équivalent dans la théogonie d'Hésiode, même si les noms y sont présents. Le nom servent, généralement, à différencier les différents territoires et les divinités entre elles, à les inscrire dans le fil des générations et à le former.
Mais ce qui frappe, dès les premières lignes du kojiki, et qui s'accentue dès le second, c'est la relation particulièrement forte, entre le nom et la formation, la création et la différenciation. Il accompagne toutes les étapes de cette création qui se poursuit jusqu'à l'apparition des premières dynasties impériales. Les îles et les provinces auxquelles les dieux donnèrent naissance sont nommées, y compris celles qui ne comptent pas parmi les enfants, comme l'île d'Awa (frêle). L'île Aux-Deux-Noms-en-Iyo avait quatre visages qui reçurent chacun un nom. Princesse-Charmante pour la province d'Iyo, Princesse-Âme-du-Riz pour la province de Sanuki, Princesse-de-la-Nourriture pour la province d'Awa et Seigneur-de-Bravoure pour la province de Tosa.
Les kami ont tous au moins un nom et ce nom est indicatif de leur divinité. Leur nom comporte généralement le mot kami. Les divinités Izanaki-no-Mikoto et Izanami-no-Mikoto ne sont pas une exception à cette composition du nom. En effet, le mot mikoto qui, à l'origine signifiait "ordre, décret de la part des suzerains", fut utilisé, par la suite, pour désigner les divinités. Et il équivalait au mot kami. Ces deux divinités portent dans leur nom l'empreinte du premier sens : "ordonner". C'est suite à un ordre donné par les kami célestes qu'elles se sont chargées de la consolidation de la terre. Mais cette particularité n'en fait pas des dieux marginaux. Leurs enfants ont tous des noms qui rappellent leur statut de kami. Ainsi en est-il de Kami-Masculin-aux-Multiples-Choses, de Kami-Prince-Rocher-et-Terre et de Kami-Princesse-Rocher-et-Terre. Cette observation s'étend jusqu'à Kami-Prince-Libéré-Fougueux et à son épouse Kami-Princesse-Libérée-Fougueuse. Eux-mêmes eurent des enfants. Cette suite de générations se poursuit tout au long du récit jusqu'au règne du premier empereur qui, avec ses successeurs, sont dans la postérité des divinités dont la généalogie est exposée dans la première partie. Le premier empereur cité est l'empereur Jimmu. Il inaugure les dynasties d'empereurs qui se terminent par l'évocation de l'impératrice Suikô. L'empereur Jimmu s'appelle aussi Majesté-Prince-Iware-du-Yamato-Sacré et il serait affilié à la Divinité Marine, Princesse-Ame-Luxure par le fils de cette déesse Prince-Autel-Celeste-Héros-sur-la-Plage-Majesté-Né -avant-la-Couverture-en-Ailes-de-Cormorans-du-Pavillon. Celui-ci l'aurait conçu avec Majesté-Princesse-Ame-Possédée. Du premier nom cité au dernier, c'est à une série de naissances que l'on assiste. Mais ces noms seraient incomplets sans les histoires dont ils sont le support.
2) Généalogie et histoire
Les histoires ne manquent pas dans cette myriade de divinités qui composent la généalogie du kojiki. Ces histoires sont autant des histoires de fondation, de rencontres, d'amour, de naissance, d'accouplement ou de conflit. Autant d'histoires qui, comme tant d'autres mythologies, établissent des ponts entre les dieux et les hommes.
L'histoire d'Izanaki-no-Mikoto est, sur ce point, assez exemplaire. Il fut chargé avec Izanami-no-Mikoto de « réparer, de consolider cette terre voguante ». C'est une histoire plutôt mouvementée qui s'ensuivit pour ces deux kami. Ils sont, en effet, à l'origine de la naissance de l'île d'Onogoro (Onogoro : solidifiée d'elle-même) et ils y descendirent, quittant ainsi le pont flottant du ciel, pour y ériger un pavillon de huit toises. Pour donner naissance à la terre, il se mirent à tourner autour de l'Auguste Pilier Céleste, ce qu'ils firent mais ils ne furent pas satisfaits des enfants qu'ils conçurent car ils leur parurent imparfaits. Hiruko (Sangsue) fut abandonné : ils le laissèrent dériver sur un esquif de roseaux. Puis ils décidèrent de consulter les kami célestes pour connaître la raison de l'imperfection de leur progéniture. Les dieux purent, grâce à une divination, mettre ainsi en cause le rituel qu'ils avaient adopté avant de s'accoupler : « Ce n'était pas bien que la femme parle la première. Retournez. Descendez et répétez tout ». Ils répétèrent donc le même rituel amoureux mais cette fois, ils le firent en n'inversant pas les rôles et ils donnèrent naissance à huit grandes îles, parmi lesquelles l'île d'Iki ou l'île Tsu. Puis naquirent notamment l'île d'O et des kami comme Kami-Masculin-aux-Multiples-Choses. Au total, ce couple de kami enfanta 14 îles et 35 kami.
Mais le dernier accouchement de la déesse lui fut fatal puisqu'en mettant au monde son dernier fils Kami-Esprit-de-la-Lumière-du-Feu, Izanami-no-Mikoto eut ses organes féminins brûlés. Pendant sa maladie, elle mit au monde, notamment, par ses vomissures Kami-Prince-de-la-Mine et Kami-Princesse-de-la-Mine. Quand elle mourut, son mari fut plongé dans une grande affliction. Et c'était à tel point qu'il ne put se résoudre à la perdre. Il s'en prit à leur fils Kami-Esprit-de-la-Lumière et lui trancha le cou, ce qui fit jaillir des kami des différents endroits de l'arme qu'il avait utilisée pour son crime. Il en sortit du sang qui tacha le tranchant, la garde et la poignée de l'épée. Puis il décida de se rendre aux enfers pour y revoir son épouse. Il voulait la faire revenir pour qu'ils puissent achever leur tâche mais comme elle l'en informa, il serait arrivé trop tard, car elle aurait déjà absorbé le repas préparé dans le chaudron des Enfers. Elle préféra alors demander aux kami des Enfers ce qui était encore possible pour eux. Elle insista pour qu'il ne la regarde pas. Comme l'attente lui parut longue, il fit de la lumière; mais la vue du corps de sa femme le remplit de terreur, car son corps était rempli de vers grouillants, suite à quoi il prit la fuite. Il fut alors poursuivi par les femelles répugnantes des Enfers que son épouse avait lancées à ses trousses; mais il put leur échapper grâce à sa coiffure noire qu'il jeta et qui fit naître du raisin que ses assaillants mangèrent. Puis pour freiner à nouveau leur poursuite, il leur lança son grand peigne, d'où sortirent des pousses de bambou. Et pour combattre les huit kami du tonnerre nés en parasitant le corps de son épouse et les Mille cinq cent kami qu'elle lança aussi derrière lui, il tira son épée longue de dix poings. Mais ce n'est qu'aux confins des Enfers qu'il put définitivement s'en libérer. Il jeta sur eux trois fruits d'un pêcher. Et pour finir, il put arrêter la course de son épouse qui avait rejoint les assaillants, grâce à rocher, qui lui permit de fermer la frontière. Et il put avoir le dessus quand son épouse lui dit qu'elle ferait mourir 1000 personnes par jour parmi les gens de son pays. Il lui rétorqua qu'il établirait lui 1500 maternités par jour.
Mais son histoire ne s'arrête pas là. Pour se purifier de son séjour aux Enfers, il se rendit à Ahakibara, sur la rive du petit détroit Tachibana dans la province Himuka de Tsukushi pour y faire ses ablutions. Des kami naquirent des objets qu'il laissa sur la rive. Kami-du-Long-chemin naquit de sa ceinture. Puis de ses ablutions naquirent d'abord Kami-Esprit-des-Quatre-Vingts-Malheurs et Kami-Esprit-du-Grand-Malheur. Les souillures laissées par son séjour aux Enfers (Pays-Sale) expliquent cette naissance. Mais pour corriger ces malheurs naquirent Kami-de-la-Correction-Merveilleuse, Kami-de-la-Grande-Correction et Kami-Féminine-Solennelle. Puis il en naquit également de ses ablutions au fond de l'eau. En lavant des yeux et son nez, il donna naissance à trois grands kami entre lesquels il partagea le gouvernement. Grande-Auguste-Kami-Illuminant-du-Ciel (issu de son oeil gauche) se vit confié la Haute-Pleine-du-Ciel. Majesté-Comptable-des-Lunes (issu de son oeil droit) eut la charge du domaine de la nuit. Majesté-Masculin-Puissant-Rapide-Impétueux (issu du nez) se vit attribué le domaine de la mer.
D'autres histoires mouvementées se greffèrent sur ces trois divinités qui poursuivirent la tâche de création de kami et de l'édification de la terre. Et il en fût ainsi jusqu'au premier empereur, l'empereur Jimmu et même jusqu'à l'impératrice Suiko qui est la dernière à être nommée dans le kojiki. Ainsi explique-t-on l'origine des cultures et des traditions devenues ancestrales au Japon. De Kami-Princesse-de-la-Nourriture jaillit les cinq céréales, après que Majesté-Puissant-Rapide la tua, suite à une méprise. Le ver à soie sortit de sa tête, les semences du riz de ses yeux, le millet de ses oreilles, les haricots rouges de son nez, le blé de son sexe et les haricots de son fondement. Majesté-Koyane-du-Ciel que Grande-Auguste-Kami-Illuminant-du-Ciel fit descendre du ciel est considéré comme étant l'ancêtre des conseillers « Nakatomi ». Tel est le nom de la famille chargée des affaires shintôistes auprès du gouvernement. Nakatomi signifie que l'on est un intermédiaire entre les dieux et les hommes. On apprend que c'est, pendant le règne de Majesté-Homudawake (l'empereur Ôjin), que furent fondées les tribus de la mer, de la montagne et les tribus gardiennes de la montagne ou d'Ise. Et dans ces récits, le nom est important. Il se révèle être aussi le support de mémoires, d'évocations ou de significations.
3) Nom, signification et mémoire
Les noms n'ont rien d'hasardeux dans toute cette généalogie qui se profile tout au long du kojiki. Ils ne servent pas à désigner simplement le kami, l'île ou la province qui leur sont associés. Généralement, ils sont même plutôt identifiés les uns aux autres. Le nom n'est pas indiqué après la naissance du kami. Il est donné simultanément à son acte de naissance. Quand Kami-Prince-Libéré-Fougueux et son épouse Kami-Princesse-Libérée-Fougueuse donnèrent naissance à des kami, après l'avoir été eux-mêmes d'Izanaki-no-Mikoto et d'Izanami-no-Mikoto, leur progéniture est immédiatement nommée. Ainsi est-il précisé qu'ils donnèrent le jour à Kami-Bulle-Calme, Kami-Bulle-Voguante, Kami-Surface-Calme-de-l'Eau, Kami-Surface-Agitée-de-l'Eau, Kami-Partageant-les-Eaux-Terrestres, etc. S'il en est ainsi, c'est parce que ces noms sont profondément liés à des caractéristiques de leurs géniteurs. En effet, ce couple est en rapport avec l'eau. Kami-Prince-Libéré-Fougueux avait la charge des fleuves et son épouse, celle des mers. Idem pour les kami issus d'objets comme ceux qui ont jailli de l'épée utilisée par Izanaki-no-Mikoto. Les kami issus du tranchant de l'épée sont Kami-Tranchant-la-Roche, Kami-Tranchant-la-Racine et Kami-Masculin-Conduite-de-Pierre. Le sang qui tacha le tranchant de l'épée éclaboussa en effet les nombreuses pierres alentour. Ces relations ne sont pas toujours évidentes mais nombreuses sont celles qui le sont et qui imposent une relation immédiate entre le nom, la naissance et les circonstances qui y ont présidé. Aussi est-ce souvent à des circonstances ou à des événements que le nom renvoie. Il connoterait ainsi des phénomènes plutôt que des essences.
C'est pourquoi si l'endroit où Majesté-Masculin-Puissant-Rapide a été appelé Suga, après sa victoire sur le boa qui lui valut de pouvoir se marier avec Princesse-Peigne-Rizière, ce n'est pas suite à un choix arbitraire. En effet, quand il arriva sur les lieux, il déclara qu'ici il se sentait serein. Le nom ici scelle une relation de concordance entre un lieu et un état psychique. C'est encore une concordance entre un nom et une fonction qui s'observe chez Ashi-na-Zuchi. Il s'agit d'un kami qu'il aurait mandé pour s'occuper de l'intendance de son palais et suite à cette nomination, il l'aurait appelé Chef-du-Palais-Rizière-Yami-Yatsumimi-de-Suga.
Mais quand plusieurs noms sont donnés à un même kami, peut-on toujours penser qu'il y a entre les différents noms une concordance ? Qu'en est-il de Kami-Maître-de-la-Grande-Province, aussi appelé Kami-Grand-Nom-Muji, Kami-Laid-du-Champ-de-Roseaux, Kami-Huit-Mille-Hallebardes ou Kami-Ame-d'Ici-Bas. Cinq noms au total pour ce kami. Tout comme pour le fils qu'il eut avec Princesse-Yagami, Kami-Coeur-d'Arbre appelé aussi Kami-le-Puits. La relation entre ses noms ne va pas de soi. Concernant son fils, les spécialistes n'ont pu établir de rapport entre les deux noms.
Comme au sujet de Kami-Maître-de-la-Grande province, les récits sont abondants, ils permettent de mieux mesurer ces rapports, même si les relations entre les noms laissent subsister certaines obscurités. Les récits qui restituent son histoire utilisent toujours un de ses noms, tant et si bien que d'un récit à l'autre, le nom change, même si l'histoire observe un semblant de continuité chronologique. Dans l'histoire intitulé le Lapin blanc d'Inaba, Il est d'abord appelé Kami-Maître-de-la-Grande-Province. Ses demi-frères kami désireux de se rendre dans la province d'Inaba, pour épouser la princesse Yagami, lui aurait abandonné leurs droits sur le pays. Mais au moment du départ, ils le prirent avec eux comme servant et, à ce moment charnière du récit, il est appelé par le nom qui intervient en deuxième position dans la généalogie. C'est donc Kami-Grand-Nom-Muji qui entreprend ce voyage, à la suite de ces frères. C'est lui qui permet à ce lapin de retrouver à nouveau son pelage. Et le lapin l'informe de son succès futur auprès de la princesse et de l'infortune des autres kami.
Mais ces frères furieux de son succès, auprès de la princesse, décidèrent de le tuer. Ils y parvinrent, mais il fut ressuscité, grâce à sa Majesté Mère aidée en cela de Majesté-des-Naissances-Divines qui lui envoya Princesse-Palourde et Princesse-Clovisse. Il ressuscita ainsi sous les traits d'un magnifique jeune homme. Ses frères le tuèrent derechef. Grâce à une autre intervention de sa mère, il en réchappa à nouveau et il put grâce à l'aide de Kami-Prince-Oya éviter la mort que ses frères voulaient encore lui donner. Ce prince le sauva de la flèche meurtrière des kami en le faisant passer par les branches d'un arbre; puis, il se rendit chez Majesté-Masculin-Puissant où il est d'abord appelé Laid-du-Champ-de-Roseaux. C'est ainsi qu'il est nommé après que Princesse-Avance qui vient de s'unir à lui l'introduit auprès de son père. Elle l'aide à surmonter des épreuves puis quand lui et la princesse commencent à avoir le dessus, il est appelé à nouveau Kami-Grand-Nom-Muji et c'est ainsi nommé qu'avec la princesse sur son dos, il fuit la maison de son père, après avoir attaché les cheveux de ce dernier à la poutre faîtière de la chambre, et dérobé ses armes, le grand sabre vif et les arcs et flèches vifs ainsi que son koto céleste servant aux oracles. Puis rattrapés par ce dernier, ils l'entendirent leur dire ce qu'ils devaient faire. Il dit à l'un qu'il devait devenir Kami-Maître-de-la-Grande-Province mais aussi Kami-Ame-d'Ici-Bas. Il lui dit aussi qu'il devait vaincre ses demi-frères avec ses armes et à sa fille, il enjoignit de construire au pied du mont Ukano un palais à grands piliers sur un rocher souterrain et de lui donner un toit jusqu'au ciel. Il aurait épousé également Princesse Yagami et c'est sous le nom de Kami-Huit-Mille-Hallebardes qu'il serait devenu l'époux de Princesse-Nunakawa. Et sous le nom de Kami-Maître-de-la-Grande-Province, il aurait eu des enfants de Majesté-Princesse-Brume et un seul de princesse-Fléche-Bouclier-Divins. Puis il est question de sa rencontre avec Kami-Prince-Nain, fils de Kami-des-Naissances-Divines. Mais d'abord, il ne put en savoir le nom. Il l'apprit de la bouche de Prince-S'Emiettant et quand la mère de Kami-Prince-Nain lui dit qu'ils pourraient devenir frère et profiter de cette union pour renforcer le pays ; il est, quand elle lui fait part de ce projet, Majesté-Laid-du-Champ-de-Roseaux, puis quand cette association prend forme, il est Grand-Nom-Muji. Mais après le départ de cet allié, il se retrouva seul et c'est Kami-Maître-de-la-Grande-Province qui se demande comment former le pays. Et s'il le put, c'est grâce à l'aide d'un autre kami dont le siège est au mont Mimoro. Ces différents emplois ne sont pas laissés au hasard.
Conclusion
Le kojiki n'est pas simplement un recueil de récits, de légendes, servant au délassement et au divertissement de l'esprit. Il est à la fois impliqué dans l'histoire politique et religieuse du Japon et c'est dans cette double optique qu'il doit être abordé.
C'est dans cette double articulation que la thématique du nom s'inscrit et se développe. Le nom est à la croisée du ciel et de la terre, du Japon et du monde, des dieux et des hommes, des histoires et des traditions. C'est à l'apparition et au jaillissement des choses qu'il est toujours apparenté. Il n'est donc jamais simplement un instrument de désignation, il est le support des mémoires, histoires et évocations que le kojiki aborde dans leur aspect phénoménal et processuel sans rien dire, dans un sens ou dans un autre, sur leur aspect essentiel.

Introduction :
Le kojiki parut au Japon au VIII° siècle. Mais les récits et légendes qu'il regroupe remonteraient à la période allant du IV° au VI° siècle. Sa rédaction relèverait d'une initiative politique. Au VII° siècle, l'empereur Temmu (règne de 673-686) se serait ému des travestissements subis par les traditions et les généalogies. Pour y remédier, il aurait chargé un des ses subordonnés, Hieda-no-Are de faire le tri parmi celles-ci. Ce travail fut achevé, sous le règne de l'impératrice Gemmyô (règne de 662-722), par Hieda-no-Are. Et l'impératrice en eut connaissance le 28 janvier 712.
Ce recueil se compose de trois parties. La première se situerait à l'époque de la genèse et de la naissance des îles qui composent le Japon et de la descente sur la terre des divinités, qui sont considérées comme les ancêtres de la famille impériale. La deuxième commencerait au règne du premier empereur Jimmu et s'étendrait jusqu'à celui de l'empereur Ojin. La dernière partie s'achèverait à l'époque de son auteur.
C'est au shintoïsme que le kojiki serait apparenté. Il représente pour les spécialistes un outil de travail important pour connaître une culture étrangère à la spiritualité bouddhique. C'est à partir du 3ème siècle que les premiers germes de cette religion se seraient développés. Ils étaient associés à un rituel autour de la culture du riz. C'est donc d'éléments importants de la tradition japonaise que le kojiki instruirait. Mais cette interaction de l'homme et de la nature sur laquelle il fait fond révèle que les puissances de la nature comme l'eau, les volcans, les rochers, sont les vecteurs indissociables de l'énergie du monde et de la fragilité de toutes les formes soumises au temps. Aussi chaque élément de la nature, comme les plantes, les arbres, les animaux, ou les phénomènes naturels, peut-il être mis en rapport avec les kami qui sont des divinités bonnes ou mauvaises. Le panthéon shintô compterait 800 myriades de kami.
C'est donc à une vision complexe et diversifiée du Japon que le Kojiki initierait. Aussi est-ce pour son intérêt historique, religieux et mythologique qu'il a retenu l'attention de spécialistes. C'est à Urabe Kanefumi que l'on devrait le premier commentaire. Ce travail intitulé "Kojiki Uragaki" aurait été publié en 1273. Il aurait inauguré une tradition d'interprétation sur ce texte qui s'est poursuivie jusqu'à nous et qui a été marquée par des principes de lecture divergents. Ainsi pour Arai Hakuseki (mort en 1725), les récits qui le composent seraient véridiques. Cette thèse aurait été en partie contestée par Tsuda Sôkichi (1873-1962). Il put apporter la preuve que certaines légendes ne renverraient à aucun fait historique.
Mais ce qui retient particulièrement l'attention est le traitement du nom, voire des noms dans ces récits. C'est là sans doute une des originalités de ce recueil. Il ne s'agit pas pour nous de prétendre que le kojiki serait la seule cosmogonie à donner place au nom. Il s'agit plutôt de montrer que le nom en est un des supports les plus remarquables car, à partir de lui, bien des axes importants du recueil se dessineraient.
1) Généalogie et nom
Le kojiki est un recueil de récits qui s'inscrit, tout à la fois, dans la tradition des cosmogonies et des théogonies. Comme dans la théogonie d'Hésiode, on assiste à la naissance des dieux et leur généalogie fait l'objet d'une exposition qui suit l'ordre des naissances. Comme dans les cosmogonies, on y traite narrativement de la naissance du monde. Mais dans le kojiki, l'accent est avant tout mis sur la formation de l'archipel japonais. Cette particularité n'affecte en rien ce qui l'affilie à ces deux genres littéraires. C'est, également, à la question du commencement qu'il répond. Comment le monde est-il apparu ? A quels phénomènes attribuer la naissance du Japon ? A quelles puissances la doit-on ? Quels liens existent-ils entre les puissances de la nature, les Dieux et les hommes ?
Les premiers récits sont importants car ils en scellent le socle et lui donne une origine qui est aussi celle du monde. Ils donnent les bases de cette tradition qu'ils véhiculent et qu'ils relient au geste divin qui a préludé au commencement de toutes choses. Commencement qui est la conjonction des puissances divines et des puissances naturelles. Les premières naissances de Dieux sont liées au commencement du ciel et de la terre. Mais ces deux parties du monde restèrent, dans un premier temps, sans rapport l'une avec l'autre. Les divinités qui naquirent d'abord étaient en rapport avec le ciel. Il eut d'abord dans la Haute Plaine du Ciel, Kami-Maître-du-Centre-Auguste-du-ciel, puis Kami-de-la-Haute-Production-Auguste et Kami-des-Naissances-Divines. Elles se "se manifestèrent en divinités célibataires et dérobèrent leur corps aux regards".
Et d'autres dieux suivirent alors que la terre récemment apparue était comme une "tâche d'huile flottante". Ces dieux sont Kami-Prince-Plaisant-Pousse-de-Roseau et Kami-Résidant-Eternellement-dans-le-Ciel. Et il en fut ainsi jusqu'au couple Izanaki-no-Kami et son épouse Izanami-non-Kami. Ce couple boucle ce que l'on appelle "les sept générations mythiques" formées de cinq couples divins et de deux divinités célibataires, Kami-Résidant-Eternellement-sur-la-Terre puis Kami-Champ-de-Nuages-Luxuriant. Les dieux célibataires sont considérés comme formant chacun une génération. Et ce récit se poursuit en relatant comment les divinités Izanaki-no-Mikoto et Izanami-no-Mikoto furent envoyées vers « la terre voguante » pour la réparer et la consolider, ce qu'ils firent en donnant naissance à des enfants, des îles, des provinces et des kami.
Et tout au long de ce récit qui se poursuit jusqu'au règne de l'impératrice Suiko (mourut le 15 mars 1628), des noms jalonnent cette succession ordonnée de naissances ou de formations. Et c'est même à une myriade de noms que le lecteur est confronté, et d'une manière qui n'a pas d'équivalent dans la théogonie d'Hésiode, même si les noms y sont présents. Le nom servent, généralement, à différencier les différents territoires et les divinités entre elles, à les inscrire dans le fil des générations et à le former.
Mais ce qui frappe, dès les premières lignes du kojiki, et qui s'accentue dès le second, c'est la relation particulièrement forte, entre le nom et la formation, la création et la différenciation. Il accompagne toutes les étapes de cette création qui se poursuit jusqu'à l'apparition des premières dynasties impériales. Les îles et les provinces auxquelles les dieux donnèrent naissance sont nommées, y compris celles qui ne comptent pas parmi les enfants, comme l'île d'Awa (frêle). L'île Aux-Deux-Noms-en-Iyo avait quatre visages qui reçurent chacun un nom. Princesse-Charmante pour la province d'Iyo, Princesse-Âme-du-Riz pour la province de Sanuki, Princesse-de-la-Nourriture pour la province d'Awa et Seigneur-de-Bravoure pour la province de Tosa.
Les kami ont tous au moins un nom et ce nom est indicatif de leur divinité. Leur nom comporte généralement le mot kami. Les divinités Izanaki-no-Mikoto et Izanami-no-Mikoto ne sont pas une exception à cette composition du nom. En effet, le mot mikoto qui, à l'origine signifiait "ordre, décret de la part des suzerains", fut utilisé, par la suite, pour désigner les divinités. Et il équivalait au mot kami. Ces deux divinités portent dans leur nom l'empreinte du premier sens : "ordonner". C'est suite à un ordre donné par les kami célestes qu'elles se sont chargées de la consolidation de la terre. Mais cette particularité n'en fait pas des dieux marginaux. Leurs enfants ont tous des noms qui rappellent leur statut de kami. Ainsi en est-il de Kami-Masculin-aux-Multiples-Choses, de Kami-Prince-Rocher-et-Terre et de Kami-Princesse-Rocher-et-Terre. Cette observation s'étend jusqu'à Kami-Prince-Libéré-Fougueux et à son épouse Kami-Princesse-Libérée-Fougueuse. Eux-mêmes eurent des enfants. Cette suite de générations se poursuit tout au long du récit jusqu'au règne du premier empereur qui, avec ses successeurs, sont dans la postérité des divinités dont la généalogie est exposée dans la première partie. Le premier empereur cité est l'empereur Jimmu. Il inaugure les dynasties d'empereurs qui se terminent par l'évocation de l'impératrice Suikô. L'empereur Jimmu s'appelle aussi Majesté-Prince-Iware-du-Yamato-Sacré et il serait affilié à la Divinité Marine, Princesse-Ame-Luxure par le fils de cette déesse Prince-Autel-Celeste-Héros-sur-la-Plage-Majesté-Né -avant-la-Couverture-en-Ailes-de-Cormorans-du-Pavillon. Celui-ci l'aurait conçu avec Majesté-Princesse-Ame-Possédée. Du premier nom cité au dernier, c'est à une série de naissances que l'on assiste. Mais ces noms seraient incomplets sans les histoires dont ils sont le support.
2) Généalogie et histoire
Les histoires ne manquent pas dans cette myriade de divinités qui composent la généalogie du kojiki. Ces histoires sont autant des histoires de fondation, de rencontres, d'amour, de naissance, d'accouplement ou de conflit. Autant d'histoires qui, comme tant d'autres mythologies, établissent des ponts entre les dieux et les hommes.
L'histoire d'Izanaki-no-Mikoto est, sur ce point, assez exemplaire. Il fut chargé avec Izanami-no-Mikoto de « réparer, de consolider cette terre voguante ». C'est une histoire plutôt mouvementée qui s'ensuivit pour ces deux kami. Ils sont, en effet, à l'origine de la naissance de l'île d'Onogoro (Onogoro : solidifiée d'elle-même) et ils y descendirent, quittant ainsi le pont flottant du ciel, pour y ériger un pavillon de huit toises. Pour donner naissance à la terre, il se mirent à tourner autour de l'Auguste Pilier Céleste, ce qu'ils firent mais ils ne furent pas satisfaits des enfants qu'ils conçurent car ils leur parurent imparfaits. Hiruko (Sangsue) fut abandonné : ils le laissèrent dériver sur un esquif de roseaux. Puis ils décidèrent de consulter les kami célestes pour connaître la raison de l'imperfection de leur progéniture. Les dieux purent, grâce à une divination, mettre ainsi en cause le rituel qu'ils avaient adopté avant de s'accoupler : « Ce n'était pas bien que la femme parle la première. Retournez. Descendez et répétez tout ». Ils répétèrent donc le même rituel amoureux mais cette fois, ils le firent en n'inversant pas les rôles et ils donnèrent naissance à huit grandes îles, parmi lesquelles l'île d'Iki ou l'île Tsu. Puis naquirent notamment l'île d'O et des kami comme Kami-Masculin-aux-Multiples-Choses. Au total, ce couple de kami enfanta 14 îles et 35 kami.
Mais le dernier accouchement de la déesse lui fut fatal puisqu'en mettant au monde son dernier fils Kami-Esprit-de-la-Lumière-du-Feu, Izanami-no-Mikoto eut ses organes féminins brûlés. Pendant sa maladie, elle mit au monde, notamment, par ses vomissures Kami-Prince-de-la-Mine et Kami-Princesse-de-la-Mine. Quand elle mourut, son mari fut plongé dans une grande affliction. Et c'était à tel point qu'il ne put se résoudre à la perdre. Il s'en prit à leur fils Kami-Esprit-de-la-Lumière et lui trancha le cou, ce qui fit jaillir des kami des différents endroits de l'arme qu'il avait utilisée pour son crime. Il en sortit du sang qui tacha le tranchant, la garde et la poignée de l'épée. Puis il décida de se rendre aux enfers pour y revoir son épouse. Il voulait la faire revenir pour qu'ils puissent achever leur tâche mais comme elle l'en informa, il serait arrivé trop tard, car elle aurait déjà absorbé le repas préparé dans le chaudron des Enfers. Elle préféra alors demander aux kami des Enfers ce qui était encore possible pour eux. Elle insista pour qu'il ne la regarde pas. Comme l'attente lui parut longue, il fit de la lumière; mais la vue du corps de sa femme le remplit de terreur, car son corps était rempli de vers grouillants, suite à quoi il prit la fuite. Il fut alors poursuivi par les femelles répugnantes des Enfers que son épouse avait lancées à ses trousses; mais il put leur échapper grâce à sa coiffure noire qu'il jeta et qui fit naître du raisin que ses assaillants mangèrent. Puis pour freiner à nouveau leur poursuite, il leur lança son grand peigne, d'où sortirent des pousses de bambou. Et pour combattre les huit kami du tonnerre nés en parasitant le corps de son épouse et les Mille cinq cent kami qu'elle lança aussi derrière lui, il tira son épée longue de dix poings. Mais ce n'est qu'aux confins des Enfers qu'il put définitivement s'en libérer. Il jeta sur eux trois fruits d'un pêcher. Et pour finir, il put arrêter la course de son épouse qui avait rejoint les assaillants, grâce à rocher, qui lui permit de fermer la frontière. Et il put avoir le dessus quand son épouse lui dit qu'elle ferait mourir 1000 personnes par jour parmi les gens de son pays. Il lui rétorqua qu'il établirait lui 1500 maternités par jour.
Mais son histoire ne s'arrête pas là. Pour se purifier de son séjour aux Enfers, il se rendit à Ahakibara, sur la rive du petit détroit Tachibana dans la province Himuka de Tsukushi pour y faire ses ablutions. Des kami naquirent des objets qu'il laissa sur la rive. Kami-du-Long-chemin naquit de sa ceinture. Puis de ses ablutions naquirent d'abord Kami-Esprit-des-Quatre-Vingts-Malheurs et Kami-Esprit-du-Grand-Malheur. Les souillures laissées par son séjour aux Enfers (Pays-Sale) expliquent cette naissance. Mais pour corriger ces malheurs naquirent Kami-de-la-Correction-Merveilleuse, Kami-de-la-Grande-Correction et Kami-Féminine-Solennelle. Puis il en naquit également de ses ablutions au fond de l'eau. En lavant des yeux et son nez, il donna naissance à trois grands kami entre lesquels il partagea le gouvernement. Grande-Auguste-Kami-Illuminant-du-Ciel (issu de son oeil gauche) se vit confié la Haute-Pleine-du-Ciel. Majesté-Comptable-des-Lunes (issu de son oeil droit) eut la charge du domaine de la nuit. Majesté-Masculin-Puissant-Rapide-Impétueux (issu du nez) se vit attribué le domaine de la mer.
D'autres histoires mouvementées se greffèrent sur ces trois divinités qui poursuivirent la tâche de création de kami et de l'édification de la terre. Et il en fût ainsi jusqu'au premier empereur, l'empereur Jimmu et même jusqu'à l'impératrice Suiko qui est la dernière à être nommée dans le kojiki. Ainsi explique-t-on l'origine des cultures et des traditions devenues ancestrales au Japon. De Kami-Princesse-de-la-Nourriture jaillit les cinq céréales, après que Majesté-Puissant-Rapide la tua, suite à une méprise. Le ver à soie sortit de sa tête, les semences du riz de ses yeux, le millet de ses oreilles, les haricots rouges de son nez, le blé de son sexe et les haricots de son fondement. Majesté-Koyane-du-Ciel que Grande-Auguste-Kami-Illuminant-du-Ciel fit descendre du ciel est considéré comme étant l'ancêtre des conseillers « Nakatomi ». Tel est le nom de la famille chargée des affaires shintôistes auprès du gouvernement. Nakatomi signifie que l'on est un intermédiaire entre les dieux et les hommes. On apprend que c'est, pendant le règne de Majesté-Homudawake (l'empereur Ôjin), que furent fondées les tribus de la mer, de la montagne et les tribus gardiennes de la montagne ou d'Ise. Et dans ces récits, le nom est important. Il se révèle être aussi le support de mémoires, d'évocations ou de significations.
3) Nom, signification et mémoire
Les noms n'ont rien d'hasardeux dans toute cette généalogie qui se profile tout au long du kojiki. Ils ne servent pas à désigner simplement le kami, l'île ou la province qui leur sont associés. Généralement, ils sont même plutôt identifiés les uns aux autres. Le nom n'est pas indiqué après la naissance du kami. Il est donné simultanément à son acte de naissance. Quand Kami-Prince-Libéré-Fougueux et son épouse Kami-Princesse-Libérée-Fougueuse donnèrent naissance à des kami, après l'avoir été eux-mêmes d'Izanaki-no-Mikoto et d'Izanami-no-Mikoto, leur progéniture est immédiatement nommée. Ainsi est-il précisé qu'ils donnèrent le jour à Kami-Bulle-Calme, Kami-Bulle-Voguante, Kami-Surface-Calme-de-l'Eau, Kami-Surface-Agitée-de-l'Eau, Kami-Partageant-les-Eaux-Terrestres, etc. S'il en est ainsi, c'est parce que ces noms sont profondément liés à des caractéristiques de leurs géniteurs. En effet, ce couple est en rapport avec l'eau. Kami-Prince-Libéré-Fougueux avait la charge des fleuves et son épouse, celle des mers. Idem pour les kami issus d'objets comme ceux qui ont jailli de l'épée utilisée par Izanaki-no-Mikoto. Les kami issus du tranchant de l'épée sont Kami-Tranchant-la-Roche, Kami-Tranchant-la-Racine et Kami-Masculin-Conduite-de-Pierre. Le sang qui tacha le tranchant de l'épée éclaboussa en effet les nombreuses pierres alentour. Ces relations ne sont pas toujours évidentes mais nombreuses sont celles qui le sont et qui imposent une relation immédiate entre le nom, la naissance et les circonstances qui y ont présidé. Aussi est-ce souvent à des circonstances ou à des événements que le nom renvoie. Il connoterait ainsi des phénomènes plutôt que des essences.
C'est pourquoi si l'endroit où Majesté-Masculin-Puissant-Rapide a été appelé Suga, après sa victoire sur le boa qui lui valut de pouvoir se marier avec Princesse-Peigne-Rizière, ce n'est pas suite à un choix arbitraire. En effet, quand il arriva sur les lieux, il déclara qu'ici il se sentait serein. Le nom ici scelle une relation de concordance entre un lieu et un état psychique. C'est encore une concordance entre un nom et une fonction qui s'observe chez Ashi-na-Zuchi. Il s'agit d'un kami qu'il aurait mandé pour s'occuper de l'intendance de son palais et suite à cette nomination, il l'aurait appelé Chef-du-Palais-Rizière-Yami-Yatsumimi-de-Suga.
Mais quand plusieurs noms sont donnés à un même kami, peut-on toujours penser qu'il y a entre les différents noms une concordance ? Qu'en est-il de Kami-Maître-de-la-Grande-Province, aussi appelé Kami-Grand-Nom-Muji, Kami-Laid-du-Champ-de-Roseaux, Kami-Huit-Mille-Hallebardes ou Kami-Ame-d'Ici-Bas. Cinq noms au total pour ce kami. Tout comme pour le fils qu'il eut avec Princesse-Yagami, Kami-Coeur-d'Arbre appelé aussi Kami-le-Puits. La relation entre ses noms ne va pas de soi. Concernant son fils, les spécialistes n'ont pu établir de rapport entre les deux noms.
Comme au sujet de Kami-Maître-de-la-Grande province, les récits sont abondants, ils permettent de mieux mesurer ces rapports, même si les relations entre les noms laissent subsister certaines obscurités. Les récits qui restituent son histoire utilisent toujours un de ses noms, tant et si bien que d'un récit à l'autre, le nom change, même si l'histoire observe un semblant de continuité chronologique. Dans l'histoire intitulé le Lapin blanc d'Inaba, Il est d'abord appelé Kami-Maître-de-la-Grande-Province. Ses demi-frères kami désireux de se rendre dans la province d'Inaba, pour épouser la princesse Yagami, lui aurait abandonné leurs droits sur le pays. Mais au moment du départ, ils le prirent avec eux comme servant et, à ce moment charnière du récit, il est appelé par le nom qui intervient en deuxième position dans la généalogie. C'est donc Kami-Grand-Nom-Muji qui entreprend ce voyage, à la suite de ces frères. C'est lui qui permet à ce lapin de retrouver à nouveau son pelage. Et le lapin l'informe de son succès futur auprès de la princesse et de l'infortune des autres kami.
Mais ces frères furieux de son succès, auprès de la princesse, décidèrent de le tuer. Ils y parvinrent, mais il fut ressuscité, grâce à sa Majesté Mère aidée en cela de Majesté-des-Naissances-Divines qui lui envoya Princesse-Palourde et Princesse-Clovisse. Il ressuscita ainsi sous les traits d'un magnifique jeune homme. Ses frères le tuèrent derechef. Grâce à une autre intervention de sa mère, il en réchappa à nouveau et il put grâce à l'aide de Kami-Prince-Oya éviter la mort que ses frères voulaient encore lui donner. Ce prince le sauva de la flèche meurtrière des kami en le faisant passer par les branches d'un arbre; puis, il se rendit chez Majesté-Masculin-Puissant où il est d'abord appelé Laid-du-Champ-de-Roseaux. C'est ainsi qu'il est nommé après que Princesse-Avance qui vient de s'unir à lui l'introduit auprès de son père. Elle l'aide à surmonter des épreuves puis quand lui et la princesse commencent à avoir le dessus, il est appelé à nouveau Kami-Grand-Nom-Muji et c'est ainsi nommé qu'avec la princesse sur son dos, il fuit la maison de son père, après avoir attaché les cheveux de ce dernier à la poutre faîtière de la chambre, et dérobé ses armes, le grand sabre vif et les arcs et flèches vifs ainsi que son koto céleste servant aux oracles. Puis rattrapés par ce dernier, ils l'entendirent leur dire ce qu'ils devaient faire. Il dit à l'un qu'il devait devenir Kami-Maître-de-la-Grande-Province mais aussi Kami-Ame-d'Ici-Bas. Il lui dit aussi qu'il devait vaincre ses demi-frères avec ses armes et à sa fille, il enjoignit de construire au pied du mont Ukano un palais à grands piliers sur un rocher souterrain et de lui donner un toit jusqu'au ciel. Il aurait épousé également Princesse Yagami et c'est sous le nom de Kami-Huit-Mille-Hallebardes qu'il serait devenu l'époux de Princesse-Nunakawa. Et sous le nom de Kami-Maître-de-la-Grande-Province, il aurait eu des enfants de Majesté-Princesse-Brume et un seul de princesse-Fléche-Bouclier-Divins. Puis il est question de sa rencontre avec Kami-Prince-Nain, fils de Kami-des-Naissances-Divines. Mais d'abord, il ne put en savoir le nom. Il l'apprit de la bouche de Prince-S'Emiettant et quand la mère de Kami-Prince-Nain lui dit qu'ils pourraient devenir frère et profiter de cette union pour renforcer le pays ; il est, quand elle lui fait part de ce projet, Majesté-Laid-du-Champ-de-Roseaux, puis quand cette association prend forme, il est Grand-Nom-Muji. Mais après le départ de cet allié, il se retrouva seul et c'est Kami-Maître-de-la-Grande-Province qui se demande comment former le pays. Et s'il le put, c'est grâce à l'aide d'un autre kami dont le siège est au mont Mimoro. Ces différents emplois ne sont pas laissés au hasard.
Conclusion
Le kojiki n'est pas simplement un recueil de récits, de légendes, servant au délassement et au divertissement de l'esprit. Il est à la fois impliqué dans l'histoire politique et religieuse du Japon et c'est dans cette double optique qu'il doit être abordé.
C'est dans cette double articulation que la thématique du nom s'inscrit et se développe. Le nom est à la croisée du ciel et de la terre, du Japon et du monde, des dieux et des hommes, des histoires et des traditions. C'est à l'apparition et au jaillissement des choses qu'il est toujours apparenté. Il n'est donc jamais simplement un instrument de désignation, il est le support des mémoires, histoires et évocations que le kojiki aborde dans leur aspect phénoménal et processuel sans rien dire, dans un sens ou dans un autre, sur leur aspect essentiel.

Les 47 Rônin
En l'an 1701, coexistaient deux organes gouvernementaux au Japon : l'Empereur chargé de régner et le Shôgun chargé de gouverner dans les provinces. En ce deuxième jour de la troisième lune de la première année de l'ère Kôei, le Shôgun qui attendait l'arrivée d'un émissaire impérial, chargea Asano Takumi-no-kami le seigneur d'Enya et Kamei, le prince d'Hori, d'aller consulter le chef des rites Kira, pour organiser la cérémonie selon les usages.Mais Kira est un homme vénal et lâche, plus intéressé par l'argent que par l'honneur et c'est avec dédain qu'il accepte le présent d'Asano : des soieries et des peintures. Il préfère de loin le cadeau du prince d'Hori, des lingots d'or. L'entrevue entre le pleutre Kira qui multiplie les vexations, et Asano devient un affront pour le jeune seigneur. C'en est trop, Asano dégaine son sabre. Kira épouvanté s'enfuit, évitant de justesse la mort grâce à l'intervention d'un de ses secrétaires qui s'interpose et perd la vie. Comme une loi interdisait de répandre le sang dans l'enceinte d'un palais, le Shôgun condamne Asano au Seppuku, le suicide des braves. Acceptant son sort, le fougueux seigneur s'exécute entraînant ainsi la chute du clan d'Enya.
Dès lors, lorsque les 63 samourai d'Asano se présentent dans la salle du conseil, ils sont déjà des Rônin. Un Rônin, c'est un samouraï sans chef, légalement déchargé de toute obligation envers le clan de son ancien maître. Légalement peut-être, mais Oischi, le vassal principal d'Asano et les autres samouraï ne l'entendent pas ainsi. Un samouraï est lié à son maître moins légalement que moralement, il est de leur devoir de venger leur seigneur.
C'est ainsi que parle Oischi, et il donne rendez-vous aux samourai le lendemain, pour signer un serment avec leur propre sang : ils auront un an pour tuer Kira et toute sa famille. S'ils n'y parvenaient pas, ils se donneraient eux-mêmes la mort pour preuve ultime de leur fidélité. Les 47 Rônin jurent et se dispersent avec le trésor de leur seigneur, précédant ainsi les envoyés chargés de saisir les biens d'Enya. Quand ces derniers arrivent, la forteresse est en flammes, il n'y a plus rien à prendre.
Le serment maintenant signé, les Rônin préparent leur vengeance. Mais la chose est difficile. Kira et ses serviteurs sont sur leur garde, il faut agir avec prudence. Plusieurs mois s'écoulent et Oishi, pour mieux endormir la vigilance de son ennemi répudie son épouse et feint d'avoir oublié son serment dans une vie de plaisirs ! Les samouraï passent pour des traîtres, ils endurent les regards de mépris et les propos infamants. Mais tout cela n'a qu'un but : obtenir plus facilement des informations sur la façon de pénétrer dans le palais de Kira. Dans ce contexte, rien ne doit les détourner de leur devoir, pas même leurs proches. C'est pourquoi la mère d'Hara Mototochi, un des conjurés, met fin à ses jours : l'amour que lui porte son fils pourrait nuire à sa bravoure. La famille d'un samouraï ne doit pas être une entrave à son devoir.
C'est au bout de plusieurs mois, presque d'une année, alors que Kira se croit à l'abri de la vengeance des Rônin, au treizième jour de la douzième lune, sous la neige que l'attaque est lancée. Les conjurés, après avoir bu le Saké pour se protéger du froid, se lancent à l'assaut du palais. Il leur faut peu de temps pour y pénétrer, tuer le fils de Kira et trouver la cachette où le lâche s'était réfugié. Les Rônin lui proposent encore de mourir comme un brave et lui tendent le poignard qui servit au Seppuku de leur ancien maître pour qu'il mette fin lui-même à ses jours. Kira le couard n'a pas le courage des braves, Oishi lui tranche la tête. Enfin, les Rônin brûlent le palais et enterrent la tête de leur ennemi au pied de la tombe d'Asano : leur vengeance est accomplie.
Le Shôgun, informé de cette action, convoque le Grand Conseil pour délibérer : faut-il condamner les Rônin ? La justice hésitera longtemps avant de se prononcer, car l'exploit des conjurés déchaîne les passions et l'admiration de la population. Le verdict tombe finalement. Les Rônin sont condamnés à mort comme criminels et incendiaires, mais étant donné l'honorable motif de leur action, on les autorise à se donner eux-mêmes la mort. Seul le plus jeune d'entre eux, Térasaka, est gracié pour qu'il puisse honorer la tombe de ses valeureux compagnons. Sans hésitation, les 46 Rônin se donnent la mort et se font inhumer autour du tombeau de leur chef. Térasaka accomplira toute sa vie les offrandes rituelles pour que l'on se souvienne de la bravoure et de l'extraordinaire fidélité des samourai d'Enya.

Ryuha Ikebana
« Tous les arts traditionnels japonais mettent en évidence une notion fondamentale, celle du « vide » : ne pas remplir totalement un espace, dire ou faire l'essentiel avec un minimum de moyens afin de laisser la part au rêve, à l'imagination. »
Ryuha veut dire école, et il y a peut-être 2 000 écoles de cet art floral au Japon, et plus d'un millier enregistrées auprès du Ministère Japonais de l'Éducation. Voici un aperçu des plus connues.
Dans l'école Ikenobo, il y a des styles adaptables aux fleurs de tous pays, permettant l'utilisation d'une large variété de fleurs et de branches. Quand l'école Sogetsu est fondée en 1927, l'école avait pour objectif de faire sortir l'ikebana du Tokonoma (alcôve). « Les plantes sont belles telles qu'elles sont », la main humaine ne sert qu'à mieux les apprécier. De même que les gens sont différents, l'école encourage ses élèves à être individuels et imaginatifs.
Le nom Ohara signifie « petite lande ». Les qualités saisonnières, le processus naturel de croissance et la beauté des environnements naturels sont respectés. La Campanule de Chine ou « petite fleur de la lande » est l'emblème de l'école.
Dans l'école Chiko, des accessoires, fruits, légumes de saison, poupées et objets artistiques sont associés aux fleurs. La devise de l'école Kozan, « Arrange les pruniers comme des pruniers, et les branches de pêchers comme des pêchers », souligne l'importance de la coupe naturelle de la branche. L'école Saga Goryu désire « Unir les fleurs et la religion » en rendant hommage à Bouddha par une cérémonie florale.
Une journée à l'école Ohara. L'ikebana Ohara a pris naissance vers le milieu de l'ère MEIJI (1868-1912), alors que le Japon s'ouvrait sur la civilisation occidentale tout en maintenant ses valeurs traditionnelles. Les écoles se diversifient et l'ikebana se diffuse dans l'ensemble de la société. À cette époque, de nombreuses variétés de fleurs étaient importées au Japon, mais personne ne savait encore les arranger. En 1895, Unshin Ohara, sculpteur, en disposa dans une coupe qu'il avait modelé lui-même. Le Moribana, un nouveau style, apparaît, utilisant des coupes basses et peu profondes et un pique-fleurs, révolution dans la technique du montage. L'école Ohara est née, école qui appliquera aux styles modernes la même théorie fondamentale qu'aux styles traditionnels.
En France, l'école la plus développée est l'école Ohara, avec une vingtaine d'adresses. L'école Sogetsu et l'école Ikebono ont plusieurs centres, pour la plupart en région parisienne. En 1963, Marcel Vrignaud, vice Grand Maître fonde l'école Ohara en France. En juin dernier, j'ai eu l'occasion d'assister à un stage à Lille dans l'école Ohara de Mark Kapella, maître ikebana 2ème degré. Nous avons travaillé avec une grande variété de fleurs, tropicales et champêtres, et le dernier cours était consacré à la pivoine, fleur qui symbolise le mois de juin. La journée était riche et instructive. J'ai été impressionnée par le respect de la nature dans cet art, et étonnée de voir la liberté d'expression possible, une fois les formes de base maîtrisées.
En 2001, Ikebana-Nord fêtera ses 20 ans d'existence. Marc Kapella a commencé à donner des cours à Lille en 1968. Nous avons parlé de la possibilité de mettre en place des cours d'ikebana à l'occasion des déplacements des aïkidokas sur Lille pour assister aux cours d'Aïkido de Bertin Senseï. Je vous rappelle que cinq d'entre nous sont allés passer une journée à Lille où nous étions très bien accueillis, et un Lillois s'est joint à nous la semaine suivante pour le stage régional. Il serait possible d'organiser une démonstration d'ikebana à Rouen, une soirée, ou un samedi après-midi, si nous sommes suffisamment nombreux.
En partant du stage, l'enseignant m'a remis un fascicule sur l'ikebana de l'école Ohara, et je souhaiterais en citer l'introduction : « Les Samouraïs pratiquaient l'Art des fleurs, « recherche de calme et de sérénité, moment de méditation purifiant l'âme ». Tous les arts traditionnels Japonais mettent en évidence une notion fondamentale, celle du « vide » : ne pas remplir totalement un espace, dire ou faire l'essentiel avec un minimum de moyens afin de laisser la part au rêve, à l'imagination. »

Ryuha veut dire école, et il y a peut-être 2 000 écoles de cet art floral au Japon, et plus d'un millier enregistrées auprès du Ministère Japonais de l'Éducation. Voici un aperçu des plus connues.
Dans l'école Ikenobo, il y a des styles adaptables aux fleurs de tous pays, permettant l'utilisation d'une large variété de fleurs et de branches. Quand l'école Sogetsu est fondée en 1927, l'école avait pour objectif de faire sortir l'ikebana du Tokonoma (alcôve). « Les plantes sont belles telles qu'elles sont », la main humaine ne sert qu'à mieux les apprécier. De même que les gens sont différents, l'école encourage ses élèves à être individuels et imaginatifs.
Le nom Ohara signifie « petite lande ». Les qualités saisonnières, le processus naturel de croissance et la beauté des environnements naturels sont respectés. La Campanule de Chine ou « petite fleur de la lande » est l'emblème de l'école.
Dans l'école Chiko, des accessoires, fruits, légumes de saison, poupées et objets artistiques sont associés aux fleurs. La devise de l'école Kozan, « Arrange les pruniers comme des pruniers, et les branches de pêchers comme des pêchers », souligne l'importance de la coupe naturelle de la branche. L'école Saga Goryu désire « Unir les fleurs et la religion » en rendant hommage à Bouddha par une cérémonie florale.
Une journée à l'école Ohara. L'ikebana Ohara a pris naissance vers le milieu de l'ère MEIJI (1868-1912), alors que le Japon s'ouvrait sur la civilisation occidentale tout en maintenant ses valeurs traditionnelles. Les écoles se diversifient et l'ikebana se diffuse dans l'ensemble de la société. À cette époque, de nombreuses variétés de fleurs étaient importées au Japon, mais personne ne savait encore les arranger. En 1895, Unshin Ohara, sculpteur, en disposa dans une coupe qu'il avait modelé lui-même. Le Moribana, un nouveau style, apparaît, utilisant des coupes basses et peu profondes et un pique-fleurs, révolution dans la technique du montage. L'école Ohara est née, école qui appliquera aux styles modernes la même théorie fondamentale qu'aux styles traditionnels.
En France, l'école la plus développée est l'école Ohara, avec une vingtaine d'adresses. L'école Sogetsu et l'école Ikebono ont plusieurs centres, pour la plupart en région parisienne. En 1963, Marcel Vrignaud, vice Grand Maître fonde l'école Ohara en France. En juin dernier, j'ai eu l'occasion d'assister à un stage à Lille dans l'école Ohara de Mark Kapella, maître ikebana 2ème degré. Nous avons travaillé avec une grande variété de fleurs, tropicales et champêtres, et le dernier cours était consacré à la pivoine, fleur qui symbolise le mois de juin. La journée était riche et instructive. J'ai été impressionnée par le respect de la nature dans cet art, et étonnée de voir la liberté d'expression possible, une fois les formes de base maîtrisées.
En 2001, Ikebana-Nord fêtera ses 20 ans d'existence. Marc Kapella a commencé à donner des cours à Lille en 1968. Nous avons parlé de la possibilité de mettre en place des cours d'ikebana à l'occasion des déplacements des aïkidokas sur Lille pour assister aux cours d'Aïkido de Bertin Senseï. Je vous rappelle que cinq d'entre nous sont allés passer une journée à Lille où nous étions très bien accueillis, et un Lillois s'est joint à nous la semaine suivante pour le stage régional. Il serait possible d'organiser une démonstration d'ikebana à Rouen, une soirée, ou un samedi après-midi, si nous sommes suffisamment nombreux.
En partant du stage, l'enseignant m'a remis un fascicule sur l'ikebana de l'école Ohara, et je souhaiterais en citer l'introduction : « Les Samouraïs pratiquaient l'Art des fleurs, « recherche de calme et de sérénité, moment de méditation purifiant l'âme ». Tous les arts traditionnels Japonais mettent en évidence une notion fondamentale, celle du « vide » : ne pas remplir totalement un espace, dire ou faire l'essentiel avec un minimum de moyens afin de laisser la part au rêve, à l'imagination. »

Variations autour du hakama - 1
Le legs du hakama
Le bureau du notaire où se trouvait la vieille dame était dans la pénombre. Il sentait bon le printemps et ses timides odeurs naissantes d'arbres et de plantes en fleur. Une douce lumière irradiait les meubles encaustiqués de la pièce où elle se trouvait depuis une heure. Sa tâche était loin d'être terminée quand elle s'arrêta. Si son regard se fixa dans un premier temps sur les yeux sombres du vieux monsieur qui était en face d'elle, il finit par s'évaporer dans l'atmosphère printanière semblant ranimer les vieux meubles tout autour d'elle. À vrai dire, tous ces legs à faire l'ennuyaient. Son esprit était ailleurs depuis un certain temps. Et aujourd'hui plus que jamais. Elle songeait de plus en plus souvent à son hakama; elle l'avait soigneusement plié dans le coin d'une armoire que son arrière-grand-mère lui avait donné. Il semblait ne jamais avoir servi, et c'est bien ce qui l'ennuyait. Elle ne comptait plus les kochi, les nikkyo ou les... qu'elle avait faits pendant ses quarante années consacrées à l'aïkido. Son hakama n'en portait pas trace ; tout son travail semblait s'être évaporé dans l'atmosphère, et aucun des éléments ne se l'étaient approprié. Eux aussi étaient passés, semble-t-il, au travers du travail. Comme si de rien n'était, comme s'il ne s'était jamais rien passé.
Jamais, se dit-elle à nouveau, elle n'avait transmis ce qu'elle avait appris. Durant ces longues années, elle avait écouté la voix du maître sans jamais lui répondre. Cette voix sans écho sonore se faisait encore entendre en elle. Une chose essentielle à son art paraissait lui avoir fait défaut du début à la fin. Elle put enfin se le dire. C'est pourquoi elle ne fut pas trop étonnée de s'entendre dire : « Je lègue mon hakama à ma petite fille C... Lélier » Elle put difficilement réprimer un sourire. Allait-il savoir écrire hakama, pensa-t-elle non sans malice. « Cela s'écrit toujours avec un h, lui rétorqua-t-il. » L'oeil du vieil homme pétillait, mais sa main tremblait. Les rayons timides du soleil parvenaient à inonder la pièce. « Nous avons fait quelques ikkyo et nikkyo ensemble. Tours 19..., ajouta-t-il. » Elle finit par lui sourire. Quelque chose était resté de sa pratique. C'est avec un plaisir manifeste qu'elle lui redit : « Je lègue mon hakama à ma petite fille C... Lélier. »
Le printemps était à présent dans leurs yeux.

Jamais, se dit-elle à nouveau, elle n'avait transmis ce qu'elle avait appris. Durant ces longues années, elle avait écouté la voix du maître sans jamais lui répondre. Cette voix sans écho sonore se faisait encore entendre en elle. Une chose essentielle à son art paraissait lui avoir fait défaut du début à la fin. Elle put enfin se le dire. C'est pourquoi elle ne fut pas trop étonnée de s'entendre dire : « Je lègue mon hakama à ma petite fille C... Lélier » Elle put difficilement réprimer un sourire. Allait-il savoir écrire hakama, pensa-t-elle non sans malice. « Cela s'écrit toujours avec un h, lui rétorqua-t-il. » L'oeil du vieil homme pétillait, mais sa main tremblait. Les rayons timides du soleil parvenaient à inonder la pièce. « Nous avons fait quelques ikkyo et nikkyo ensemble. Tours 19..., ajouta-t-il. » Elle finit par lui sourire. Quelque chose était resté de sa pratique. C'est avec un plaisir manifeste qu'elle lui redit : « Je lègue mon hakama à ma petite fille C... Lélier. »
Le printemps était à présent dans leurs yeux.

Variations autour du hakama - 2
Le hakama du vieux Jo
Pol aimait plier le hakama du vieux Jo. Cher vieux Jo, pensa-t-il, avec toute l'affection dont son cœur état capable. Il lui semblait qu'il avait toujours fait parti du dojo. Personne n'était, d'ailleurs, assez ancien pour se souvenir de ses débuts. Personne ne savait non plus d'où il venait. Même son patronyme était presque tombé dans l’oubli. Jo était un surnom qui lui avait été donné en raison de sa ressemblance avec le jo. Le vieux Jo était, il est vrai, très grand et son extrême minceur semblait n'être étirée que par une ossature ténue et sans courbure. Elle lui donnait l'apparence d'un roseau qui ploierait à la moindre secousse d'air ou au moindre remous qui plisserait la surface de l'eau. Mais tout comme le jo n'est pas qu'un long bout de bois, Jo n'était pas que ce long corps d'aspect fragile. C'est ce qui serait resté de lui dans un instantané de débutant; c'était une de ces perceptions qu'on s'étonne toujours d'avoir eues, une fois qu'elles ont cessé d'être les nôtres. Et il fallait avoir vu Jo à l'oeuvre pour savoir qu'une énergie considérable l'habitait : ses mouvements et ses déplacements conversaient silencieusement avec l'espace. Les poids les plus lourds se transformaient en poids légers dans ses longues mains osseuses. Son hakama faisait aussi sentir cette force et les pratiquants les moins expérimentés ne manquaient pas de la ressentir, quand à la fin du cours, il leur arrivait de plier le hakama du vieux Jo. Pol était toujours le plus empressé. Le cours se poursuivait pendant la séance de pliage. Il aimait sentir sous ses doigts les forces qui le guider. Il aimait cette musique dont la portée était le tissu du hakama :
"...L'accord des plis, ..., retrouver la terre et le ciel, ..., ressentir l'énergie, ..., retrouver les techniques, kote-gaeshi, nikkyo, sankyo, yonkyo, ...".
Mais ce soir, la séance de pliage ne se déroulait pas comme d'habitude. Le hakama avait l'allure d'un corps souffrant. Tous les efforts qu'il faisait pour le plier étaient vains : le pantalon reprenait toujours sa forme initiale. A un moment, il eut même l'impression qu'il allait se déchirer et crier comme s'il était à l'agonie. Pour se rassurer, il jeta un regard sur le vieux Jo qui était assis en seiza au milieu des tatamis mais ce qu'il vit ne le rassura pas. Le vieux Jo était d'une pâleur extrême et avait une expression d'abandon qui lui donnait un air vieux et las : un air aussi usé qu'un vêtement qui aurait été porté trop longtemps. "Non, non, pas ça", se dit-il, en regardant avec insistance vers le kamiza... puis il reprit sa tâche avec une détermination et une vigueur insoupçonnées jusqu'alors. Il se retrouva dans la situation du pratiquant qui vient de découvrir qu'il n'est plus celui qu'il était au début du cours. Ses mains volaient sur le hakama qui progressivement reprenait vie et tenue; il retrouvait les lignes et les plis du vêtement que l'on est fier de redonner à son destinataire. Quand il parvint au bout de sa tâche, il se leva posément pour aller remettre le hakama au vieux Jo. "Domo arigato gozaïmasu" lui dit le vieux Jo en signe de remerciements. Pol s'inclina doucement devant lui. Il se laissa emporter par l'intensité de son regard. Pour la première fois, Pol put regarder le vieux Jo dans les yeux.

"...L'accord des plis, ..., retrouver la terre et le ciel, ..., ressentir l'énergie, ..., retrouver les techniques, kote-gaeshi, nikkyo, sankyo, yonkyo, ...".
Mais ce soir, la séance de pliage ne se déroulait pas comme d'habitude. Le hakama avait l'allure d'un corps souffrant. Tous les efforts qu'il faisait pour le plier étaient vains : le pantalon reprenait toujours sa forme initiale. A un moment, il eut même l'impression qu'il allait se déchirer et crier comme s'il était à l'agonie. Pour se rassurer, il jeta un regard sur le vieux Jo qui était assis en seiza au milieu des tatamis mais ce qu'il vit ne le rassura pas. Le vieux Jo était d'une pâleur extrême et avait une expression d'abandon qui lui donnait un air vieux et las : un air aussi usé qu'un vêtement qui aurait été porté trop longtemps. "Non, non, pas ça", se dit-il, en regardant avec insistance vers le kamiza... puis il reprit sa tâche avec une détermination et une vigueur insoupçonnées jusqu'alors. Il se retrouva dans la situation du pratiquant qui vient de découvrir qu'il n'est plus celui qu'il était au début du cours. Ses mains volaient sur le hakama qui progressivement reprenait vie et tenue; il retrouvait les lignes et les plis du vêtement que l'on est fier de redonner à son destinataire. Quand il parvint au bout de sa tâche, il se leva posément pour aller remettre le hakama au vieux Jo. "Domo arigato gozaïmasu" lui dit le vieux Jo en signe de remerciements. Pol s'inclina doucement devant lui. Il se laissa emporter par l'intensité de son regard. Pour la première fois, Pol put regarder le vieux Jo dans les yeux.

Petit manuel d'Aikido
André Cognard
Centon Éditions - 14,8 x 20,9 cm
« L'Aikido est un art martial différent. Il donne à l'agresseur une place incomparable. Il lui reconnaît le mérite de rétablir par son attaque le lien entre deux identités ou deux entités qui ne sont plus en relation. L'Aikido dit et prouve que l'identité est constitutive de la relation et que ce qui est menacé par la perte du lien entre deux êtres, c'est la cohésion du monde. Conscient de ce que la loyauté est le facteur de cette cohésion et que cette dernière engendre la paix, l'aikidoka traite son agresseur comme un frère mais il n'est jamais passif devant la violence.
Ce petit manuel d'Aikido s'adresse à tous ceux qui pourraient passer le seuil d'un dojo ou qui viennent de le faire. L'auteur répond de manière simple et directe à quelques unes des questions que chacun se pose à propos des arts martiaux en tenant un discours franc, bien loin des clichés éculés dont on affuble assez couramment son art. »
« L'Aikido est un art martial différent. Il donne à l'agresseur une place incomparable. Il lui reconnaît le mérite de rétablir par son attaque le lien entre deux identités ou deux entités qui ne sont plus en relation. L'Aikido dit et prouve que l'identité est constitutive de la relation et que ce qui est menacé par la perte du lien entre deux êtres, c'est la cohésion du monde. Conscient de ce que la loyauté est le facteur de cette cohésion et que cette dernière engendre la paix, l'aikidoka traite son agresseur comme un frère mais il n'est jamais passif devant la violence.Ce petit manuel d'Aikido s'adresse à tous ceux qui pourraient passer le seuil d'un dojo ou qui viennent de le faire. L'auteur répond de manière simple et directe à quelques unes des questions que chacun se pose à propos des arts martiaux en tenant un discours franc, bien loin des clichés éculés dont on affuble assez couramment son art. »
Le corps philosophe
André Cognard
Centon Éditions - 540 pages - 14,8 x 20,9 cm
« Après avoir affirmé : "Le corps est conscient", je dis : "Le corps est philosophe". Je puis, à présent, préciser le sens de ce titre. Qu'est-ce qu'un philosophe ? C'est celui qui cherche la parole universelle porteuse de la connaissance. La recherche de la vérité a cette caractéristique de toujours viser l'universel à travers le singulier puisque tout discours est nécessairement déterminé, isolé. C'est cette singularité, porte étroite ou unique chemin vers l'universel que l'on appelle en philosophie, le concept... »
« ...Oui, le corps est philosophe car la pensée qui est dans le corps, et produite par lui, recherche légitimement et par nature l'accès à la connaissance de l'absolu. Le corps est sage, il est détenteur d'un savoir énergétique, biologique, physiologique et conceptuel. La sagesse c'est d'avoir la connaissance et suffisamment de conscience pour s'harmoniser avec elle... »
« Après avoir affirmé : "Le corps est conscient", je dis : "Le corps est philosophe". Je puis, à présent, préciser le sens de ce titre. Qu'est-ce qu'un philosophe ? C'est celui qui cherche la parole universelle porteuse de la connaissance. La recherche de la vérité a cette caractéristique de toujours viser l'universel à travers le singulier puisque tout discours est nécessairement déterminé, isolé. C'est cette singularité, porte étroite ou unique chemin vers l'universel que l'on appelle en philosophie, le concept... »« ...Oui, le corps est philosophe car la pensée qui est dans le corps, et produite par lui, recherche légitimement et par nature l'accès à la connaissance de l'absolu. Le corps est sage, il est détenteur d'un savoir énergétique, biologique, physiologique et conceptuel. La sagesse c'est d'avoir la connaissance et suffisamment de conscience pour s'harmoniser avec elle... »
Le corps conscient
André Cognard
Éditions Dervy - 302 pages - 16 x 24 cm
Le corps s'exprime dans l'espace par une posture. Celle ci n'est pas le fruit du hasard. Elle exprime l'histoire de l'individu et de ses liens avec le monde. De nombreuses tensions physiques ne servent qu'à exprimer des tensions psychiques. Le corps est porteur de l'identité parce qu'il est la mémoire de l'histoire des relations de l'être.
L'auteur montre dans ce livre comment certains gestes permettent de modifier sa posture, et avec elle, son point de vue sur le monde. Se doter d'un nouveau regard sur soi et sur l'altérité, c'est exercer sa liberté en agissant sur son destin.
Le corps s'exprime dans l'espace par une posture. Celle ci n'est pas le fruit du hasard. Elle exprime l'histoire de l'individu et de ses liens avec le monde. De nombreuses tensions physiques ne servent qu'à exprimer des tensions psychiques. Le corps est porteur de l'identité parce qu'il est la mémoire de l'histoire des relations de l'être.L'auteur montre dans ce livre comment certains gestes permettent de modifier sa posture, et avec elle, son point de vue sur le monde. Se doter d'un nouveau regard sur soi et sur l'altérité, c'est exercer sa liberté en agissant sur son destin.
Le maître
André Cognard
Éditions Dervy
« Maintenant, cher maître Kameoka, vous n'êtes pas arrivé à me tuer, ni à me pardonner. Je ne veux pas que l'on reste dans cette situation humainement inacceptable. Alors, je vous le dis, en vérité : si vous ne pouvez me pardonner, tuez moi. Je ne me défendrai plus, je n'éviterai plus votre sabre. Je suis à votre merci. »
Kameokasan se mit alors en seiza, s'inclina à son tour et s'étant redressé, il prit la parole : « C'est moi qui dois demander pardon de mon arrogance et de mon aveuglement. Votre notoriété me rendait jaloux et j'ai cherché un mauvais prétexte pour pouvoir vous provoquer. Mais votre technique est tellement supérieure à la notre, vos pouvoirs si extraordinaires et votre esprit tellement plus profond que le mien, que mon entreprise m'apparaît à présent bien ridicule. Pardonnez moi, et je vous en prie, faites moi l'honneur de m'accepter parmi vos élèves. Ainsi, l'école des Kameoka deviendra une école du pardon, et ne propagera plus la violence autour d'elle. Grâce à vous, nous n'aurons plus besoin de décimer par avance les rangs de nos fils par encore nés ».
« Maintenant, cher maître Kameoka, vous n'êtes pas arrivé à me tuer, ni à me pardonner. Je ne veux pas que l'on reste dans cette situation humainement inacceptable. Alors, je vous le dis, en vérité : si vous ne pouvez me pardonner, tuez moi. Je ne me défendrai plus, je n'éviterai plus votre sabre. Je suis à votre merci. »Kameokasan se mit alors en seiza, s'inclina à son tour et s'étant redressé, il prit la parole : « C'est moi qui dois demander pardon de mon arrogance et de mon aveuglement. Votre notoriété me rendait jaloux et j'ai cherché un mauvais prétexte pour pouvoir vous provoquer. Mais votre technique est tellement supérieure à la notre, vos pouvoirs si extraordinaires et votre esprit tellement plus profond que le mien, que mon entreprise m'apparaît à présent bien ridicule. Pardonnez moi, et je vous en prie, faites moi l'honneur de m'accepter parmi vos élèves. Ainsi, l'école des Kameoka deviendra une école du pardon, et ne propagera plus la violence autour d'elle. Grâce à vous, nous n'aurons plus besoin de décimer par avance les rangs de nos fils par encore nés ».
Le disciple
André Cognard
Éditions Dervy - 120 pages - 14 x 22 cm
Alan Vilfort a entendu dès son enfance l'appel des arts martiaux.
A dix neuf ans, il ressent le besoin impérieux de trouver un vrai maître pour le conduire sur la voie. Quand la rencontre a lieu, c'est une évidence intérieure qui s'impose et qui les conduira à parcourir le monde, resserrant chaque jour davantage les liens qui rendent libre. L'introspection, la contemplation, la méditation alternent avec la frénésie, la curiosité, le plaisir. Le point de vue du maître et celui du disciple se font face, comme deux gardiens vigilants au seuil de la voie initiatique. Ce sont les moitiés inverses de deux vies qui se déroulent, nous conduisant sans relâche , d'un monde de signes à un monde de sens, de rituels en communion, de l'esthétisme à l'hédonisme. Plus qu'un livre sur l'initiation, c'est un roman initiatique.
Alan Vilfort a entendu dès son enfance l'appel des arts martiaux.A dix neuf ans, il ressent le besoin impérieux de trouver un vrai maître pour le conduire sur la voie. Quand la rencontre a lieu, c'est une évidence intérieure qui s'impose et qui les conduira à parcourir le monde, resserrant chaque jour davantage les liens qui rendent libre. L'introspection, la contemplation, la méditation alternent avec la frénésie, la curiosité, le plaisir. Le point de vue du maître et celui du disciple se font face, comme deux gardiens vigilants au seuil de la voie initiatique. Ce sont les moitiés inverses de deux vies qui se déroulent, nous conduisant sans relâche , d'un monde de signes à un monde de sens, de rituels en communion, de l'esthétisme à l'hédonisme. Plus qu'un livre sur l'initiation, c'est un roman initiatique.
L'esprit des arts martiaux
André Cognard
Éditions Albin Michel - 196 pages - 11 x 18 cm
Il semble essentiel, par les temps troublés que nous vivons, de méditer sur la notion de conflit. Comment transformer en effet l'énergie négative en énergie positive? Comment se servir de l'antagonisme comme d'un levain et comme d'un levier? Comment résoudre, enfin, l'éternelle contradiction qui nous habite et que nous projetons sans cesse sur autrui? Cet essai cherche à répondre à ces questions par le biais d'une pratique, celle de l'aikido, dont l'auteur est devenu un maître respecté.
Dans ce mot se trouve le vocable "do" dont le maître zen Taisen Deshimaru disait:
Marc de Smedt.
Il semble essentiel, par les temps troublés que nous vivons, de méditer sur la notion de conflit. Comment transformer en effet l'énergie négative en énergie positive? Comment se servir de l'antagonisme comme d'un levain et comme d'un levier? Comment résoudre, enfin, l'éternelle contradiction qui nous habite et que nous projetons sans cesse sur autrui? Cet essai cherche à répondre à ces questions par le biais d'une pratique, celle de l'aikido, dont l'auteur est devenu un maître respecté.Dans ce mot se trouve le vocable "do" dont le maître zen Taisen Deshimaru disait:
En japonais, do signifie la Voie. Comment pratiquer cette Voie? Par quelle méthode peut-on l'obtenir? Ce n'est pas seulement l'apprentissage d'une technique (wasu), et encore moins une compétition sportive. Dans le budo, il ne s'agit pas seulement de concourir, mais de trouver paix et maîtrise de soi. Do est la Voie, la méthode, l'enseignement pour comprendre parfaitement la nature de son propre esprit et de son moi. En Asie, cette Voie est considérée comme la morale la plus élevée et l'essence de toutes les religions et de toutes les philosophies.
Marc de Smedt.
Daruma
N° 8 & 9 - Spécial arts martiaux
Éditions Philippe Picquier - 364 pages - 14,5 x 23 cm
« Les arts martiaux constituent un domaine immense, mal défini, très hétérogène. Ils sont plus souvent une source de mystification ou d'endoctrinement idéologique que l'objet d'une étude scientifique. Il faut dire qu'ils se prêtent probablement plus facilement à l'un qu'à l'autre, leur identité s'étant bien souvent constituée de légendes, de pensée magique, de rituels mystérieux, de récits épiques. La société moderne, asiatique ou européenne ne les traite pas mieux. Ils sont « mis à toutes les sauces ». Ils peuvent être sport de compétition, excitant la rivalité entre les êtres, utilisant la violence dans le but de vaincre l'autre dans des mises en scènes qui dérivent parfois jusqu'à d'ultimes stades évoquant les jeux du cirque. Ils sont utilisés pour véhiculer une philosophie populaire post-moderne se résumant à une seule expression passée dans le langage courant « être zen », avatar syncrétique des voyages à Katmandou et de l'influence grandissante du bouddhisme en occident. Ils peuvent être considérés comme de simples loisirs ou comme des pratiques ésotériques et sectaires. Ils sont utilisés comme spectacle de scène, font les beaux jours du cinéma et des jeux vidéo. Ils se compromettent parfois avec des courants de pensée fanatiques, peuvent faire montre d'un culturo-centrisme déroutant pour le néophyte. Ajoutons à cela qu'ils n'arrivent que très rarement à se définir eux-mêmes, si ce n'est à travers des allégories douteuses, souvent plus naïves qu'insidieuses, et dans un langage qui plonge dans le même marasme le non-initié, le japonologue, l'historien et le philosophe.
Au moment d'ouvir le chantier que constitue ce numéro de Daruma sur les arts martiaux, il me parut évident que notre travail devrait obligatoirement avoir un caractère contradictoire, qu'en aucun cas, nous ne pouvions nous en tenir à nos regards de pratiquants, précisément à cause des divergences notables de point de vue qui nous opposent, et que mon opinion serait forcément éminemment contestable dans un tel contexte.[…] Le lecteur appréciera d'autant que le terme budo crée à lui seul matière à débat entre les différents contributeurs. Mais un art qui manie la contradiction au point de se dire à la fois martial et non violent n'est-il pas un terrain de prédilection pour débattre ? »
Cognard Shihan.
« Les arts martiaux constituent un domaine immense, mal défini, très hétérogène. Ils sont plus souvent une source de mystification ou d'endoctrinement idéologique que l'objet d'une étude scientifique. Il faut dire qu'ils se prêtent probablement plus facilement à l'un qu'à l'autre, leur identité s'étant bien souvent constituée de légendes, de pensée magique, de rituels mystérieux, de récits épiques. La société moderne, asiatique ou européenne ne les traite pas mieux. Ils sont « mis à toutes les sauces ». Ils peuvent être sport de compétition, excitant la rivalité entre les êtres, utilisant la violence dans le but de vaincre l'autre dans des mises en scènes qui dérivent parfois jusqu'à d'ultimes stades évoquant les jeux du cirque. Ils sont utilisés pour véhiculer une philosophie populaire post-moderne se résumant à une seule expression passée dans le langage courant « être zen », avatar syncrétique des voyages à Katmandou et de l'influence grandissante du bouddhisme en occident. Ils peuvent être considérés comme de simples loisirs ou comme des pratiques ésotériques et sectaires. Ils sont utilisés comme spectacle de scène, font les beaux jours du cinéma et des jeux vidéo. Ils se compromettent parfois avec des courants de pensée fanatiques, peuvent faire montre d'un culturo-centrisme déroutant pour le néophyte. Ajoutons à cela qu'ils n'arrivent que très rarement à se définir eux-mêmes, si ce n'est à travers des allégories douteuses, souvent plus naïves qu'insidieuses, et dans un langage qui plonge dans le même marasme le non-initié, le japonologue, l'historien et le philosophe.Au moment d'ouvir le chantier que constitue ce numéro de Daruma sur les arts martiaux, il me parut évident que notre travail devrait obligatoirement avoir un caractère contradictoire, qu'en aucun cas, nous ne pouvions nous en tenir à nos regards de pratiquants, précisément à cause des divergences notables de point de vue qui nous opposent, et que mon opinion serait forcément éminemment contestable dans un tel contexte.[…] Le lecteur appréciera d'autant que le terme budo crée à lui seul matière à débat entre les différents contributeurs. Mais un art qui manie la contradiction au point de se dire à la fois martial et non violent n'est-il pas un terrain de prédilection pour débattre ? »
Cognard Shihan.
Ikebana
Aikido & écriture
Revue franco-italienne
La quantité d'images, d'émotions, de souvenirs, de questions ou de doutes déclenchés par la pratique de l'Aikido est immense : Ikebana est une place ouverte à tous pour partager et faire briller ce trésor qui est en nous. Articles, poèmes, photos, dessins peuvent être envoyés à Nicolas Tombette.
Rédaction : Marco Favretti, Debora Rienzi, Anna Piva, Jean Michel Jadeau, Nicolas Tombette.
Téléchargez Ikebana en version française ou en version italienne :
Numéro 7
Numéro hors série 2003
Retrouvez les principaux articles des numéros 1 à 6, la présentation du livre Le corps philosophe d'André Cognard par le professeur Giangiorgio Pasqualotto et l'interview d'André Cognard par Lucie Bourmaud en français et en italien (merci à Marco pour la traduction)...
La quantité d'images, d'émotions, de souvenirs, de questions ou de doutes déclenchés par la pratique de l'Aikido est immense : Ikebana est une place ouverte à tous pour partager et faire briller ce trésor qui est en nous. Articles, poèmes, photos, dessins peuvent être envoyés à Nicolas Tombette.Rédaction : Marco Favretti, Debora Rienzi, Anna Piva, Jean Michel Jadeau, Nicolas Tombette.
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Carte des dojos
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Franqueville-Saint-Pierre
Dojo
Gymnase du Lycée Galilée
Route de Belbeuf
(voir le plan)
Tél. 02 35 70 26 46
E-mail :
Enseignante
Pleney Sensei
Aikido adultes et adolescents
Vendredi de 20 h 15 à 21 h 45
Aikijo et Aikiken
Vendredi 1 fois/mois de 20 h 15 à 21 h 45
La Neuville-Chant-d'Oisel
Dojo
Salle Polyvalente
Place de la Mairie
(voir le plan)
Tél. 02 35 70 26 46
E-mail :
Enseignante
Pleney Sensei
Aikido adultes et adolescents
Jeudi de 20 h 30 à 22 h
Aikido enfants (à partir de 6 ans)
Mercredi de 10 h 30 à 11 h 30
La Saussaye
Dojo
Gymnase du Collège de la Saussaye
(voir le plan)
Tél. 02 35 71 72 04
E-mail :
Enseignant
Dupuis Sensei
Aikido adultes et adolescents
Lundi de 19 h 00 à 20 h 30
Le Mesnil-Esnard
Dojo
Salle B. Denesle
Rue Hector Malot
(voir le plan)
Tél. 02 35 70 26 46
E-mail :
Enseignante
Pleney Sensei
Aikido adultes et adolescents
Mercredi de 20 h 15 à 21 h 45
Aikido enfants (à partir de 6 ans)
Mercredi de 18 h à 19 h
Mont-Saint-Aignan
Dojo
Maison des associations
Chemin des Cottes
(voir le plan)
Tél. 02 35 70 26 46
E-mail :
Enseignante
Pleney Sensei
Pas de cours cette année
Rouen
Dojo
Centre traditionnel d'arts martiaux
11ter, rue de Fontenelle
(voir le plan)
Tél. 02 35 70 26 46
E-mail :
Enseignante
Pleney Sensei
Aïkido
lundi de 19 h 15 à 20 h 30
Aikitaiso
lundi de 20 h 30 à 22 h
Atelier Personnalisé d'Aikitaïso (A.P.A.T.)
Chacun est guidé dans un travail personnel, et reçoit après un relevé postural, une série d'exercices qui lui correspond, à pratiquer quotidiennement.
Date des soirées : 14/11-12/12-16/01-10/4-29/5-26/6/07 (sur inscription).
Week end de stage : (date à déterminer).
RENSEIGNEMENTS :
Internet : rouen-est.aikido.fr
E-mail :
Tél. : 02.35.70.26.46
Dojo
Gymnase du Lycée Privé Rey
5 rue Pouchet (proche de la gare SNCF)
(voir le plan)
Tél. 02 35 71 72 04
E-mail :
Site : rouen.aikido.fr
Enseignants
Dupuis Sensei
Aikido adultes et adolescents
Jeudi de 19 h 30 à 21 h
Aikido (grade 4e kyu minimum)
1 samedi / trimestre
Cycles Aikiken & Aikijo
Des cycles seront organisés le jeudi de 18 h 00 à 19 h 15.
Le premier débutera dans quelques semaines par une série de 8 cours (tout niveau) d'Aikitaiso.
Les cycles suivants concerneront des cours de ken, de jo et de kaishi waza.
Aikido enfants (dès 8 ans)
Pas de cours cette année.
Aikitaiso
Initiation : jeudi de 18 h 15 à 19 h 15 à du 5 octobre.
Dojo
Gymnase du Lycée Providence-Miséricorde
Place de la Madeleine (Nouvelle préfecture)
(voir le plan)
Tél. 02 32 08 43 92
E-mail :
Enseignants
Morvan Sensei
Aikitaiso
Mardi de 20 h à 21 h 30
Académies
Pour connaître la liste des sites de l'académie autonome d'aikido...
Site de l'Académie Autonome d'Aikido, à laquelle est affiliée l'Académie d'Aikido de Normandie en France.
Site affilié à Kokusai Aikido Kenshukai Kobayashi Hirokazu Ha, en Allemagne.
Site italien d'Aikido et de culture japonaise.
Contacts
Siège social
134, rue du Renard
76000 Rouen
Tél. 02 35 88 11 54
E-mail :
Siège social
18, square Francis Poulenc
76240 Le Mesnil-Esnard
Tél. 02 35 70 26 46
E-mail :
Site : rouen-est.aikido.fr
Siège social
24, quai Gaston Boulet
76000 Rouen
Tél. 02 35 71 72 04
E-mail :
Site : rouen.aikido.fr
Siège social
Mairie de la Saussaye
6, place du cloître
27370 La Saussaye
Tél. 02 35 71 72 04
E-mail :
Siège social
1, rue de Fontennelle
76000 Rouen
Tél. 02 32 08 43 92
E-mail :
Régions & Clubs
Site de l'AAC créé en 1998
Site de type CMS dans la région du Velay.
Pratiquer l'aikido, l'Aikitaiso dans la région Nord.
Le site de l'Académie Régionale d'Aïkido Dauphiné Savoie.
Académie Provence Aïkido Côte d'Azur.
Bienvenue sur le site des clubs d' Aikido d'Arthon-en-retz et de Machecoul.
Aikido
L'art martial
L'Aikido est un art martial japonais traditionnel et non violent, fondé par Ô sensei Ueshiba Morihei (1883-1969).
Pratiqué sans compétition, son enseignement se base sur des principes d'équilibre des énergies et de respect du partenaire. Il s'adresse aux hommes et aux femmes, sans limite d'âge, ni préparation spéciale.
Le pratiquant étudie des principes de base propres aux arts martiaux : déplacements, esquives, saisies, distances... Il aborde progressivement le travail à mains nues (taijustu d'aiki : techniques d'immobilisations et de projections) et le travail des armes (aikijo et aikiken).
Par l'étude d'une gestuelle naturelle, par le travail en souplesse des techniques et la recherche d'une disponibilité du corps et de l'esprit, l'Aikido favorise le bien être physique et permet une meilleure connaissance de soi et des autres. L'affirmation de sa propre confiance, l'acquisition d'une stabilité mentale au coeur du mouvement rendent alors inutile le recours à la force.

Pratiqué sans compétition, son enseignement se base sur des principes d'équilibre des énergies et de respect du partenaire. Il s'adresse aux hommes et aux femmes, sans limite d'âge, ni préparation spéciale.
Le pratiquant étudie des principes de base propres aux arts martiaux : déplacements, esquives, saisies, distances... Il aborde progressivement le travail à mains nues (taijustu d'aiki : techniques d'immobilisations et de projections) et le travail des armes (aikijo et aikiken).
Par l'étude d'une gestuelle naturelle, par le travail en souplesse des techniques et la recherche d'une disponibilité du corps et de l'esprit, l'Aikido favorise le bien être physique et permet une meilleure connaissance de soi et des autres. L'affirmation de sa propre confiance, l'acquisition d'une stabilité mentale au coeur du mouvement rendent alors inutile le recours à la force.

Aikitaiso
Le corps conscient
L'Aikitaiso est une discipline de développement personnel fondé sur la prise de conscience. Gymnastique d'harmonisation de l'énergie, il alterne : postures, marches, mouvements, méditations, créant un langage structuré adapté tant à nos consciences mentales qu'à nos consciences corporelles.
L'aikitaiso, parce qu'il équilibre nos énergies internes et externes, permet un bon fonctionnement de l'être, physique, physiologique et psychique.
Le pratiquant d'Aikitaiso voit au bout de quelques mois des changements importants de son corps qui, solidifié, assoupli, énergétisé, sensibilisé, devient un outil de communication performant, tant avec soi-même qu'avec autrui, tant avec le milieu matériel que l'environnement humain.
Ses capacités d'action, de prise de décision, de perception sensorielle et intuitive, d'émotion, sont extrêmement augmentées par la pratique quotidienne.

L'aikitaiso, parce qu'il équilibre nos énergies internes et externes, permet un bon fonctionnement de l'être, physique, physiologique et psychique.
Le pratiquant d'Aikitaiso voit au bout de quelques mois des changements importants de son corps qui, solidifié, assoupli, énergétisé, sensibilisé, devient un outil de communication performant, tant avec soi-même qu'avec autrui, tant avec le milieu matériel que l'environnement humain.
Ses capacités d'action, de prise de décision, de perception sensorielle et intuitive, d'émotion, sont extrêmement augmentées par la pratique quotidienne.

École & tradition
L'Académie Autonome d'Aikido
L'Académie d'Aikido de Normandie est affiliée à l'Académie Autonome d'Aikido (3A), école traditionnelle créée en 1982 par Cognard André Shihan, professeur d'arts martiaux diplômé d'état et élève de Kobayashi Hirokazu Soshu, et qui compte aujourd'hui de nombreux dojos en France.L'Académie Autonome d'Aikido fait partie de Kokusai Aikido Kenshukai Kobayashi Hirokazu Ha (KAKKHH), école internationale fondée en 1998. KAKKHH tend à développer et transmettre l'Aikido de Kobayashi Hirokazu Soshu fondé sur le respect de l'individu, la tolérance et la bienveillance.
L'Académie Autonome d'Aikido forme elle-même ses enseignants.
Pour en savoir + : www.3aikido.org

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C'est le nom d'un pic caractéristique, qui domine l'oasis de Djanet.
C'est aussi le nom de notre Agence, dont toute l'équipe est originaire de Djanet. Connaissant parfaitement les moindres recoins de notre région, nous pouvons offrir un éventail de circuits capable de satisfaire les plus exigeants, qu'il s'agisse de randonnées à pied ou à dos de chameau, ou d'expéditions en véhicules tout terrain.
Association d'aide à l'édition. S'est occupée de l'ouvrage de Cognard Shihan : Le corps philosophe.
Le Corps Philosophe
Après "Le corps conscient", découvrez le livre d'André Cognard aux Editions Centon...
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